La Banque du Ghana a durci son dispositif de surveillance du marché des changes et des transferts de fonds, dans le but de stabiliser le cedi et de protéger une source cruciale de devises pour le pays . Cette réforme, dévoilée par le gouverneur de la Banque centrale, le Dr Johnson Asiama, marque un tournant dans la régulation des transactions transfrontalières.
Au cœur de cette nouvelle politique figurent trois infractions désormais visées par des sanctions sévères : la résiliation d’accords de transfert de fonds non approuvés, les opérations de change déguisées dans les envois de fonds et l’application de taux de change hors des bandes de référence fixées par la banque centrale. « Nous n’autoriserons plus les pratiques cachées qui faussent les signaux du marché, érodent la confiance et sapent le cedi », a prévenu le gouverneur.
Pour garantir la transparence, les banques et opérateurs de transfert devront désormais transmettre des rapports hebdomadaires détaillés, comprenant des données transactionnelles et des crédits de change. Ces informations donneront à la Banque centrale une vision quasi instantanée des flux financiers. Le non-respect des règles pourra entraîner des sanctions allant d’amendes salées à des suspensions de licence, en passant par la publication des contrevenants, conformément à la loi sur les systèmes et services de paiement (2019) et celle sur les banques et institutions de dépôt spécialisées (2016). « L’ère des angles morts dans les flux de transferts de fonds est révolue », a insisté Dr Asiama.
Le gouverneur a également rappelé l’importance stratégique des envois de fonds pour l’économie ghanéenne. « Chaque cedi de cet afflux doit être traçable, conforme et exempt de manipulation », a-t-il déclaré, soulignant que la conformité n’est plus seulement une obligation technique mais une responsabilité qui incombe désormais aux conseils d’administration des banques. Cette exigence impliquera pour les établissements financiers des investissements accrus dans l’automatisation, les systèmes de reporting et les mécanismes de suivi des transactions.
Cette réforme intervient dans un contexte marqué par une forte volatilité du cedi et une chute brutale des envois de fonds. Selon les données avancées par la Banque du Ghana, les entrées ont reculé de près de 50 % ces derniers mois. Une baisse attribuée à l’appréciation rapide de la monnaie locale, qui aurait découragé de nombreux expéditeurs habitués à financer des projets locaux.
Par Drissa Ouattara


