« Initiative Or rouge » : le Ghana veut réduire sa dépendance aux importations d’huile de palme

Le ministère de l’Alimentation et de l’Agriculture (MoFA) du Ghana a annoncé un ensemble de mesures dans le cadre du Projet de diversification des cultures arboricoles (GTCDP), visant à combler l’écart croissant entre la production locale et la consommation nationale d’huile de palme.
Selon les autorités, la demande annuelle en huile de palme au Ghana atteint environ 250 000 tonnes, alors que la production locale plafonne à seulement 50 000 tonnes.

Ce déséquilibre expose le pays à une importante dépendance aux importations, engendrant des défis économiques et industriels majeurs. Le déficit de production alimente une facture d’importation alimentaire qui dépasse actuellement les 3 milliards de dollars américains. Dans ce contexte, le Cadre de dépenses à moyen terme (CDMT) 2025-2028 du MoFA prévoit la mise en œuvre d’une politique nationale dédiée à l’industrie de l’huile de palme, avec des incitations visant à dynamiser l’ensemble de la chaîne de valeur.

Baptisée « l’initiative Or rouge », cette politique prévoit notamment la distribution de 1,5 million de plants de palmiers à huile aux agriculteurs afin de renforcer les capacités de production nationales.
En parallèle, l’Autorité de développement des cultures arboricoles a instauré en juillet 2025 de nouvelles réglementations sur les importations d’huile de palme, dans le but de limiter l’entrée de produits de qualité inférieure qui nuisent aux transformateurs locaux et menacent la sécurité sanitaire des consommateurs. Les parties prenantes estiment que ces mesures favoriseront également l’augmentation de la production locale en restreignant les importations.

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Les données fournies par l’Association pour le développement du palmier à huile du Ghana (OPDAG) montrent que le pays a importé pour environ 1,17 milliard de dollars d’huile de palme entre 2019 et 2021. L’OPDAG alerte cependant sur le faible rendement des petits producteurs et moulins artisanaux, qui représentent une part importante de la production locale.
En effet, alors qu’une plantation standard devrait produire entre 18 et 25 tonnes de fruits frais par hectare, les petits exploitants locaux obtiennent en moyenne moins de 6 tonnes par hectare. De plus, le taux d’extraction d’huile des meuniers artisanaux, compris entre 11 et 13 %, est bien en deçà de la norme de 20 à 25 %.

« Pour répondre à la demande croissante, il est crucial de doubler la production actuelle en améliorant les pratiques agricoles et les processus d’extraction », a insisté l’OPDAG. De son côté, le ministère des Affaires étrangères a souligné l’urgence d’investissements accrus et d’un meilleur soutien aux petits exploitants pour développer durablement la filière. Le GTCDP devrait stimuler la production grâce à l’introduction de semis améliorés, au développement des plantations et au renforcement des liens commerciaux entre producteurs.
Historiquement, le Nigéria était le principal producteur d’huile de palme en Afrique avant d’abandonner cette activité avec la découverte du pétrole. Aujourd’hui, la Côte d’Ivoire demeure le seul exportateur net d’huile de palme sur le continent, une position que le Ghana ambitionne de renforcer à travers ses réformes.

Par Bernadette W. Gansonré

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