Le programme ghanéen 24 heures sur 24 (24H+), pilier de la stratégie de transformation économique du pays, prend un nouveau tournant avec la signature d’un accord de financement entre son secrétariat et la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA). La cérémonie s’est tenue au siège de la Banque du Ghana (BoG), à Accra.
L’accord prévoit un financement pouvant atteindre 500 millions de dollars, dont une première tranche de 60 millions sera acheminée via la Banque de développement du Ghana (DBG). Cette dernière servira de relais pour accorder des prêts aux petites et moyennes entreprises (PME), avant l’entrée d’autres banques commerciales et institutions financières non bancaires dans les phases suivantes.
Ce protocole constitue l’un des jalons majeurs du plan du gouvernement, qui ambitionne de mobiliser plus de 4 milliards de dollars sur cinq ans afin de renforcer la production nationale, consolider les chaînes de valeur et accélérer la croissance tirée par les exportations.
S’exprimant au nom du gouverneur de la BoG, Johnson Asiama, la vice-gouverneure Matilda Asante-Asiedu a salué « une étape cruciale dans l’alignement du financement à long terme sur le programme de transformation structurelle du Ghana ». Elle a insisté sur l’importance de « débloquer des capitaux abordables et patients pour les PME et les coopératives afin de maintenir la diversification économique ».
Pour la BADEA, il s’agit d’un partenariat de long terme. Son président, Abdullah KH Almusaibeeh, a rappelé l’historique de coopération avec le Ghana, citant notamment le soutien lors des syndications du cacao et durant la pandémie de COVID-19. Selon lui, la banque souhaite désormais aller au-delà du financement des produits de base pour investir dans les infrastructures, les PME et les chaînes de valeur. « Ce partenariat marque une nouvelle phase, avec un engagement durable en faveur d’une économie plus diversifiée, inclusive et tournée vers l’export », a-t-il affirmé.
Le mécanisme prévoit des prêts concessionnels à des taux inférieurs à 12 %, avec des maturités de cinq à sept ans. Les produits couvriront le fonds de roulement, le financement d’actifs, les prêts de récépissés d’entrepôt, l’escompte de factures et le financement vert. Un fonds d’investissement accompagnera également les entreprises en croissance, notamment celles dirigées par des jeunes et des femmes. Pour limiter les risques, des garanties de crédit et des régimes d’assurance seront mis en place avec le Ghana Incentive-Based Risk Sharing System for Agricultural Lending (GIRSAL).
Le conseiller présidentiel Goosie Tanoh a précisé que cet accord complète un protocole déjà signé avec la Banque africaine de développement (BAD) et s’inscrit dans Fund24, le pilier financement du programme 24H+. Il a cité comme priorités le corridor économique de la Volta, Kumasi, la région centrale et le nord-ouest du pays.
D’ici 2030, le dispositif pourrait mobiliser plus de 18 milliards de dollars pour les PME, renforcer les chaînes agroalimentaires et logistiques et créer un vivier d’entreprises prêtes à investir. Les fonds seront gérés par des acteurs privés afin de rassurer les investisseurs, souvent méfiants vis-à-vis de la gestion publique des financements concessionnels.
Les prochaines étapes incluent la signature d’accords avec les institutions financières partenaires, la mise en place d’un comité directeur conjoint et l’activation d’un mécanisme parallèle de financement du commerce estimé à 120 millions de dollars. Un volet d’assistance technique et de préparation à l’export viendra compléter le dispositif.
Par Drissa Ouattara


