Le groupe technologique américain Microsoft intensifie sa présence sur le continent africain avec un plan ambitieux visant à accélérer l’adoption de l’intelligence artificielle (IA). L’entreprise veut notamment former 3 millions d’Africains aux technologies liées à l’IA grâce à des partenariats noués avec des écoles, des universités et plusieurs institutions locales. L’initiative cible prioritairement certains pôles technologiques du continent, notamment l’Afrique du Sud, le Kenya, le Nigeria et le Maroc.
Au-delà de la formation, Microsoft cherche également à élargir l’usage de ses solutions numériques. Dans cette perspective, le géant américain a conclu un partenariat avec MTN Group, premier opérateur de télécommunications d’Afrique, afin de distribuer Microsoft 365 et Microsoft Copilot à l’ensemble des 300 millions d’abonnés du groupe. Cet outil d’intelligence artificielle générative est conçu pour aider les particuliers et les entreprises à améliorer leur productivité et l’efficacité de leurs activités.
Microsoft prévoit également d’investir environ 330 millions de dollars en Afrique du Sud d’ici à la fin de l’année 2027 pour renforcer ses capacités dans les domaines du cloud et de l’intelligence artificielle. Cette enveloppe, qui représente près de 198 milliards de FCFA, doit contribuer à consolider les infrastructures numériques nécessaires au déploiement de ces technologies sur le continent.
Ces initiatives interviennent dans un contexte de concurrence croissante entre les grandes entreprises technologiques mondiales pour s’imposer sur le marché africain de l’IA. Les entreprises chinoises multiplient en effet les initiatives sur le continent, où leurs solutions sont souvent perçues comme moins coûteuses que celles proposées par les groupes occidentaux.
La société chinoise DeepSeek a notamment lancé en janvier son modèle de langage open source « R1 ». Selon l’entreprise, ce système aurait été développé pour environ 6 millions de dollars, soit près de 3,6 milliards de FCFA. À titre de comparaison, le développement du modèle ChatGPT-4 par l’américain OpenAI aurait nécessité près de 100 millions de dollars, soit environ 60 milliards de FCFA.
Cette différence de coût favorise l’implantation rapide de DeepSeek sur plusieurs marchés africains. Les modèles open source de la société représenteraient ainsi près de 20 % de l’utilisation des chatbots en Éthiopie et au Zimbabwe. Leur diffusion s’appuie également sur les investissements réalisés depuis plusieurs années par la Chine dans les infrastructures de télécommunications et les réseaux de fibre optique dans le cadre de l’initiative Belt and Road.
Toutefois, Microsoft conserve des atouts importants dans la compétition. L’entreprise bénéficie déjà d’une forte implantation institutionnelle en Afrique grâce à sa plateforme cloud Azure, à ses outils de développement et à ses logiciels d’entreprise. Au fil des années, le groupe a noué des partenariats avec des gouvernements, des banques, des universités et de nombreuses start-up.
Ces relations créent un effet de réseau difficile à reproduire rapidement pour de nouveaux entrants. Dans ce contexte, l’intensification de la concurrence entre géants technologiques pourrait finalement profiter au continent africain. L’afflux d’investissements, l’amélioration des infrastructures numériques et l’accès élargi aux outils d’intelligence artificielle pourraient contribuer à accélérer la transformation numérique des économies africaines.
Par Amhed Coulibaly


