Réunie du 16 au 18 mars 2026, la banque centrale du Ghana a décidé de réduire son taux directeur de 150 points de base, le faisant passer de 15,5 % à 14 %. Cette mesure marque un assouplissement progressif de la politique monétaire après une longue période de restriction, motivée par une désinflation persistante, l’amélioration des conditions macroéconomiques et des taux d’intérêt réels élevés.
Le taux d’inflation globale a reculé à 3,3 % en février 2026 contre 5,4 % en décembre 2025. La modération des prix alimentaires et non alimentaires, ainsi que la diminution des pressions sous-jacentes, ont contribué à cette amélioration. Les anticipations d’inflation des ménages, des entreprises et du secteur financier restent stables, offrant un environnement propice à la baisse du taux directeur.
Le comité de politique monétaire attribue cette évolution à la politique restrictive mise en œuvre au cours des 14 derniers mois. La contraction de la masse monétaire de réserve, qui a diminué de 0,5 % en glissement annuel, et le ralentissement de la croissance de la masse monétaire au sens large à 16 %, contre 33,1 % un an auparavant, illustrent cette orientation.
Parallèlement à la désinflation, l’économie ghanéenne affiche des performances encourageantes. Le PIB réel a progressé de 6 % en 2025, soutenu par les secteurs des services et de l’agriculture, tandis que le PIB hors pétrole a enregistré une croissance de 7,6 %. Les indicateurs du quatrième trimestre et l’indice composite d’activité économique de janvier 2026, en hausse de 8,4 % sur un an, confirment cette dynamique.
Cette reprise s’accompagne d’un regain de confiance. La consommation des ménages est plus soutenue, le crédit au secteur privé reprend, et la production industrielle ainsi que l’activité commerciale connaissent une expansion notable. Les taux d’intérêt bancaires ont fortement diminué, passant de 30,1 % à 19,2 %, tandis que les rendements des bons du Trésor à court terme ont également reculé. De plus, le secteur bancaire montre des signes de reprise, avec une augmentation du total des actifs, une rentabilité et une liquidité renforcées, et un ratio de prêts non performants en baisse à 18,7 %.
Le Ghana bénéficie également d’une situation budgétaire améliorée. Le déficit public est tombé à 1 % du PIB, tandis que le solde primaire affiche un excédent de 2,6 %. La dette publique a reculé à 45,3 % du PIB, contre 61,8 % un an plus tôt. L’excédent commercial s’est creusé à 3,7 milliards de dollars sur les deux premiers mois de 2026, soutenu par les exportations d’or. Les réserves internationales brutes ont atteint 14,8 milliards de dollars, soit 5,8 mois de couverture des importations, consolidant la stabilité de la monnaie.
Malgré ces indicateurs positifs, la banque centrale demeure prudente face aux risques extérieurs, notamment l’escalade des tensions au Moyen-Orient et la volatilité des prix du pétrole, susceptibles de réintroduire des pressions inflationnistes et de durcir les conditions de financement mondiales.
La banque centrale continuera de suivre de près l’évolution des marchés internationaux et des tensions géopolitiques. La prochaine réunion du Comité de politique monétaire, prévue du 18 au 20 mai 2026, permettra d’évaluer la nécessité d’ajustements supplémentaires pour maintenir la stabilité des prix et soutenir le développement économique.
Par Bernadette W. Gansonré


