La Fondation Tony Elumelu a réaffirmé son positionnement stratégique dans l’écosystème entrepreneurial africain à la veille de l’annonce officielle de la 12ᵉ cohorte de son programme phare. À l’occasion d’un « Media Parley » auquel Horonya Finance a pris part, en visioconférence ce samedi 21 mars 2026, l’institution a exposé aux médias du continent les principaux agrégats et orientations de son dispositif d’appui aux jeunes entrepreneurs.
Prévue pour le 22 mars 2026, date symbolique coïncidant avec l’anniversaire de son fondateur Tony Elumelu, l’annonce de la nouvelle promotion s’inscrit dans une logique de montée en puissance du programme. Pour cet exercice, 3 200 entrepreneurs africains seront sélectionnés et accompagnés, contre un volume de candidatures estimé à plus de 265 000 dossiers, traduisant une pression accrue sur les mécanismes de financement des PME sur le continent.
Dans le détail, cette cohorte repose sur un modèle de financement hybride, combinant ressources propres et partenariats institutionnels. Ainsi, 1 751 entrepreneurs seront soutenus via les filiales du groupe Heirs Holdings (Heirs Energies, Transcorp Power, Transcorp Hotels et United Capital), tandis que 1 049 autres bénéficieront d’un appui en collaboration avec des partenaires internationaux, notamment la Commission européenne, l’Organisation des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (OACPS), le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ) et la Société allemande de coopération internationale (GIZ).
Des enveloppes ciblées concernent également des collaborations avec l’Agence de développement de Seme City (100 entrepreneurs), la Société allemande d’investissement et de développement (DEG) et la GIZ (100 entrepreneurs). En partenariat avec la Fondation IKEA, Generation Unlimited de l’UNICEF et le gouvernement néerlandais, 100 entrepreneurs seront accompagnés, tandis que 100 autres bénéficieront d’un soutien grâce au partenariat avec le PNUD et le ministère rwandais de la Jeunesse et des Arts.
Lors de cette session d’échanges avec la presse, la directrice générale de la Fondation, Somachi Chris-Asoluka, a mis en exergue la dimension structurante du programme dans le financement de l’entrepreneuriat africain. Selon elle, le volume exceptionnel de candidatures reflète à la fois la vitalité des initiatives entrepreneuriales et les contraintes persistantes d’accès au capital. Elle insiste sur la nécessité d’un renforcement des infrastructures de soutien et d’un effet de levier accru des investissements publics et privés.
Lancé en 2015, le programme d’entrepreneuriat de la TEF repose sur un triptyque opérationnel articulé autour d’un capital d’amorçage non remboursable de 5 000 dollars, d’un dispositif de formation certifiante et d’un accompagnement par mentorat. À cela s’ajoute l’intégration des bénéficiaires dans un réseau panafricain d’investisseurs et d’entrepreneurs, favorisant les effets d’écosystème et les synergies intersectorielles.
Sur le plan des performances cumulées, la Fondation revendique l’accompagnement de 24 633 entrepreneurs à ce jour, avec une répartition relativement équilibrée entre hommes (54 %) et femmes (46 %). L’allocation sectorielle des financements révèle une prédominance de l’agro-industrie (21 %) et de l’agriculture (9 %), suivies par la mode (8 %), les technologies de l’information (6 %) et le secteur manufacturier (6 %). Les segments de l’éducation, de la santé et du commerce de détail captent chacun 4 % des financements, tandis que les industries alimentaires et des boissons représentent 3 %.
Sur le plan géographique, le Nigeria concentre la plus forte proportion de bénéficiaires avec 9 229 entrepreneurs financés depuis 2015, suivi du Mali (2 995), de l’Ouganda (1 464), du Kenya (1 292) et du Bénin (1 011). Le Burkina Faso totalise, pour sa part, 374 entrepreneurs accompagnés sur la même période. Au-delà des indicateurs quantitatifs, la TEF consolide progressivement son rôle d’intermédiaire stratégique dans la structuration de l’écosystème entrepreneurial africain.
Par Léon Yougbaré


