En 2025, l’environnement macroéconomique et sectoriel au Niger a été particulièrement contraignant, marqué par un recul de l’activité bancaire, avec une baisse des encours de crédit de 4,1 % et une quasi-stagnation des dépôts (+1 %) à fin décembre 2025. Dans ce contexte, Bank of Africa Niger a enregistré une contraction de ses encours de crédits de 21 %, tandis que les dépôts de la clientèle ont progressé de 4 %.
Le total du bilan de la banque s’est inscrit en recul de 9,5 %, à 291,75 milliards FCFA contre 322,4 milliards un an auparavant, traduisant le ralentissement général du niveau d’activité. Les crédits à la clientèle ont reculé de 20,9 %, tombant à 128,45 milliards FCFA, tandis que les dépôts ont progressé modestement à 189,87 milliards (+4 %).
La marge bancaire nette a toutefois résisté, progressant de 3,1 % à 14,1 milliards FCFA. Cette performance s’explique, selon la direction, par la baisse du coût des ressources, elle-même consécutive à la réduction du refinancement auprès de la banque centrale et à l’allégement des taux d’intérêt.
En revanche, les commissions et divers ont reculé de 9,7 % à 6,3 milliards FCFA, pénalisés par la contraction de l’activité. Résultat : le produit net bancaire s’est légèrement replié de 1,2 % à 21,1 milliards FCFA. Le résultat brut d’exploitation a reculé de 9,3 % à 7,5 milliards FCFA, sous l’effet conjugué du repli du produit net bancaire et de la hausse des frais généraux de 3,9 %, imputable à des coûts fiscaux exceptionnels.
C’est cependant au niveau du résultat net que le choc est le plus brutal : la banque affiche un bénéfice net de seulement 409 millions FCFA à fin décembre 2025, contre 5 milliards un an plus tôt, soit un effondrement de 91,8 %. En remontant à 2023, où le résultat net atteignait 10,1 milliards FCFA, la dégradation est encore plus saisissante : le bénéfice a été divisé par près de 25 en l’espace de deux exercices.
En outre, les indicateurs de rentabilité de la banque reflètent cette réalité. Le ROA (Return on Assets – rentabilité des actifs) est tombé à 0,13 % contre 1,49 % en 2024, et le ROE (Return on Equity – rentabilité des capitaux propres) à 1,05 % contre 11,39 % l’année précédente. Les fonds propres ont également reculé de 14,4 % à 36,1 milliards FCFA.
Malgré cette dégradation généralisée, la banque maintient des ratios prudentiels conformes aux exigences réglementaires. Le ratio de solvabilité s’établit à 14,06 % et le coefficient de liquidité à 123,95 %, au-dessus des seuils réglementaires.
Sur le plan du recouvrement, BOA Niger a poursuivi ses efforts malgré la multiplication des procédures judiciaires, parvenant à recouvrer un montant global de 2,99 milliards FCFA, dont 2,3 milliards en espèces, 519 millions par adjudication de garanties et 167 millions en dation en paiement.
Malgré la baisse des principaux indicateurs, la direction entend mobiliser tous les leviers disponibles pour renouer avec la rentabilité et offrir de meilleures perspectives sur le long terme. « Les instances décisionnelles de la Banque, notamment le conseil d’administration et ses comités spécialisés, se sont régulièrement réunies avec des résultats satisfaisants quant à l’amélioration de la profitabilité, de la maîtrise des risques et de la conformité aux lois et réglementations bancaires », a conclu la direction.
Par Léon Yougbaré


