Le Rwanda a affiché en 2025 une performance économique nettement supérieure aux attentes, avec un taux de croissance du PIB arrêté à 9,4 %, contre un objectif initial de 7 %. L’annonce a été faite conjointement par le ministre des Finances et de la Planification économique, Yusuf Murangwa, et le directeur général adjoint de l’Institut national de la statistique du Rwanda (NISR), Jean-Claude Mwizerwa.
En valeur absolue, l’économie rwandaise a atteint 23 387 milliards de francs rwandais, soit environ 9 120,93 milliards FCFA, contre 19 918 milliards (7 768,02 milliards FCFA) un an plus tôt, soit une progression de plus de 3 400 milliards de francs rwandais (1 326 milliards FCFA) en un exercice.
Cette dynamique s’est accentuée au fil des trimestres : après un démarrage à 6,5 % au premier trimestre, la croissance a accéléré à 7,8 % au deuxième, avant de franchir la barre des deux chiffres au troisième trimestre à 11,8 %, pour clôturer l’année à 11,2 % au quatrième. Une trajectoire ascendante qui témoigne, selon les autorités, d’une économie ayant gagné en vitesse de croisière tout au long de l’année.
« Nous avions prévu une croissance de 7 %, mais les chiffres définitifs montrent que nous avons atteint 9,4 %. Il s’agit d’une croissance forte et résiliente », a déclaré le ministre Murangwa, ajoutant que ces résultats « confirment que nos politiques économiques portent leurs fruits ». Dans le cadre du Plan stratégique national de transformation (NST2), le gouvernement table sur une croissance moyenne de 9,3 % sur la durée du plan.
Le secteur des services et l’industrie, locomotives de la performance
Le secteur des services, qui représente 52 % du PIB, a progressé de 9 %, porté notamment par le commerce de gros et de détail ainsi que les services d’information et de communication, tous deux en hausse de 15 %. Les services financiers et le transport ont également contribué à cette dynamique, avec des progressions respectives de 7 % et de 11 % pour le transport terrestre. Cette progression est désignée par l’Institut national de la statistique comme « l’épine dorsale des déplacements intérieurs ».
L’industrie, qui pèse 22 % du PIB, a enregistré la croissance la plus soutenue parmi les grands agrégats, à 11 %. Le secteur extractif s’est distingué pour sa part avec une augmentation de 17 %, tirée par une activité minière en bond de 33 %.
La construction et le secteur manufacturier ont également bien performé, progressant respectivement de 11 % et 10 %. Le secteur manufacturier a bénéficié particulièrement d’une envolée de 35 % de la production de matériaux non métalliques, dont le ciment.
Quant à l’agriculture, représentant 20 % du PIB, elle a crû de 7 %. Si la production vivrière n’a progressé que modestement (3 %), les cultures d’exportation ont connu un essor spectaculaire, avec une hausse globale de 32 %. La filière café a été particulièrement remarquable, enregistrant un bond de 60 %, tandis que la production de thé a augmenté de 8 %.
Le directeur de l’Institut national de la statistique, Jean-Claude Mwizerwa, a toutefois relevé que l’année 2025 a été marquée par un ralentissement des services de santé. « Notre analyse montre que, malgré les investissements importants réalisés ces dernières années, l’impact n’est pas toujours immédiat », a-t-il expliqué, se montrant confiant quant à une normalisation à venir. Sur la baisse du transport aérien, le responsable statistique a également relativisé, attribuant ce recul à des « tendances mondiales plutôt qu’à un problème local ».
Par Léon Yougbaré
Taux de conversion : 1 franc rwandais = 0,39 FCFA


