Le secteur bancaire nigérian s’impose comme le principal aimant des capitaux étrangers en 2025. Selon les données publiées par le National Bureau of Statistics (NBS), les flux entrants vers les banques ont atteint 13,53 milliards de dollars, en hausse de 93,25 % par rapport aux 7,00 milliards de dollars enregistrés en 2024. Une progression spectaculaire qui s’inscrit dans un contexte de levée massive de fonds par les établissements financiers, à l’approche de l’échéance de recapitalisation fixée par la Banque centrale du Nigeria.
Dans le détail, les banques ont concentré 58,26 % des importations totales de capitaux du pays en 2025, contre 56,81 % un an plus tôt, confirmant leur domination dans l’allocation des flux étrangers. Sur l’ensemble de l’économie, les entrées de capitaux ont atteint 23,22 milliards de dollars, soit une hausse de 88,45 % en glissement annuel, reflétant un regain de confiance des investisseurs.
L’analyse trimestrielle met en évidence une dynamique régulière tout au long de l’année. Les flux vers le secteur bancaire se sont établis à 3,13 milliards de dollars au premier trimestre, avant d’accélérer à 3,41 milliards au deuxième trimestre. La tendance s’est maintenue au troisième trimestre avec 3,14 milliards de dollars, puis s’est renforcée en fin d’année pour atteindre 3,85 milliards de dollars. Contrairement à des épisodes passés marqués par des pics ponctuels, la mobilisation de capitaux s’est étalée sur toute l’année, reflétant une stratégie progressive de renforcement des fonds propres.
Cette constance se retrouve également dans la part du secteur bancaire dans les flux globaux. Elle a oscillé entre 52,25 % et 66,56 % selon les trimestres, traduisant une concentration élevée et continue des investissements étrangers dans les institutions financières. En comparaison, les variations étaient plus marquées en 2024, signe que 2025 marque une consolidation du rôle des banques comme pivot du financement externe.
Au cœur de cette dynamique figure le vaste programme de recapitalisation engagé par les autorités. Avec des exigences pouvant atteindre 500 milliards de nairas pour les banques à vocation internationale, les établissements ont intensifié les levées de fonds, notamment via des émissions d’actions, des placements privés et des investissements stratégiques. Le gouverneur de la Banque centrale du Nigeria, Olayemi Cardoso, a indiqué que 32 banques respectaient déjà les nouveaux seuils réglementaires.
Au total, les banques nigérianes ont mobilisé 4 610 milliards de nairas de capitaux frais dans le cadre de cette opération, marquant un fort appétit des investisseurs, notamment étrangers. Pour l’autorité monétaire, ces résultats commencent déjà à produire des effets tangibles, notamment en matière de confiance du marché et d’expansion régionale des établissements.
À l’approche de la date limite fixée au 31 mars 2026, les tendances observées suggèrent que le secteur est en bonne voie pour se conformer aux exigences réglementaires. Toutefois, la phase finale pourrait s’accompagner de mouvements de consolidation, à travers des fusions ou des ajustements de licences, redessinant durablement le paysage bancaire nigérian.
Par Drissa Ouattara


