La 3e édition du Forum du digital Burkina Faso a officiellement s’est tenue le samedi 28 mars 2026 à Ouagadougou. Cette rencontre a réuni entrepreneurs, décideurs publics, experts et professionnels de la finance autour des profondes mutations du secteur numérique.
Placée sous le haut parrainage du ministre de la Transition digitale, des Postes et des Communications électroniques, Dr Aminata Zerbo/Sabane, représentée à l’ouverture par Fanta Sombié, conseillère technique dudit ministère, cette édition 2026 s’est articulée autour d’un thème structurant : « Banking 3.0 : innovation digitale, monétique et révolution des actifs numériques ». Ce thème d’actualité avait pour ambition d’accompagner la transition du système financier traditionnel vers des modèles plus ouverts, interconnectés et technologiquement avancés.
La coordonnatrice du forum, Sandra Wéthé, a souligné que le numérique constitue aujourd’hui un levier stratégique de transformation pour le Burkina Faso. Selon elle, le secteur financier illustre de manière particulièrement visible cette mutation, à travers la digitalisation croissante des services, la diversification des offres et l’émergence de nouveaux acteurs. Elle estime que cette évolution s’inscrit dans une dynamique globale visant à moderniser le système national et à renforcer son inclusivité.

Prenant la parole, la représentante de la marraine de la cérémonie, Fanta Sombié, a mis en lumière les principales tendances qui redessinent le paysage financier. Elle a indiqué que les services financiers se structurent désormais autour de plusieurs piliers, notamment la digitalisation des paiements, l’essor des solutions mobiles et la montée en puissance des actifs numériques. Ces transformations, a-t-elle précisé, interrogent en profondeur les pratiques existantes, les cadres réglementaires ainsi que les modèles économiques traditionnels.
Elle a également insisté sur les enjeux majeurs qui accompagnent cette mutation. Parmi ceux-ci figurent l’inclusion financière des populations, la sécurisation des transactions, l’innovation responsable et la souveraineté technologique. À cet effet, le Forum du digital se veut un espace de dialogue et de concertation entre les différentes parties prenantes, afin d’analyser ces évolutions, d’en mesurer les impacts et surtout d’identifier des leviers d’action adaptés aux réalités nationales.

La transformation numérique du secteur financier ne se limite pas à une simple évolution technologique. Elle s’inscrit dans une dynamique de recomposition des économies, marquée par l’essor des FinTech, l’affirmation progressive de la blockchain et la diversification des instruments financiers. Ces évolutions contribuent à redéfinir les modalités d’allocation du capital et à renforcer le dynamisme de l’économie.
La représentante de la ministre a, par ailleurs, relevé que ces nouveaux paradigmes modifient en profondeur la relation entre les institutions financières et les citoyens. Ils ouvrent des perspectives inédites en matière d’accès aux services financiers, tout en améliorant la traçabilité des opérations et la transparence des flux. Ils participent également à la compétitivité des économies, en facilitant l’innovation et en réduisant les coûts de transaction.
Toutefois, elle a rappelé que ces avancées s’accompagnent de défis importants. La question de la souveraineté financière et numérique demeure cruciale, tout comme celle de la protection des données à caractère personnel et de la sécurisation des systèmes. Elle a insisté sur la nécessité de mettre en place des cadres réglementaires adaptés, capables d’encadrer ces innovations tout en favorisant leur développement.
Dans cette perspective, plusieurs initiatives sont en cours pour renforcer l’écosystème numérique national. Des plateformes digitales souveraines sont progressivement développées afin de soutenir l’activité économique, d’améliorer la gestion des données et de favoriser l’innovation. Parallèlement, des efforts sont consentis pour consolider la cyber sécurité, considérée comme un pilier essentiel de la confiance numérique.

La transformation en cours revêt également une dimension politique, économique et sociale. Elle implique une adaptation des politiques publiques, une mobilisation accrue des investissements et une implication forte des acteurs locaux. L’enjeu est de faire du numérique un véritable moteur de développement, capable de répondre aux besoins des populations, notamment dans les zones rurales et défavorisées.
Fanta Sombié a invité à une mobilisation collective pour accompagner cette transition. Elle a invité les acteurs publics et privés à investir dans des solutions digitales conçues localement, à soutenir les innovations portées par les talents burkinabè et à développer des produits financiers accessibles et inclusifs.
Par Charlotte Kaboré (Stagiaire)
Bernadette W.Gansonré


