Réuni le 27 mars dernier à Brazzaville à l’occasion de sa réunion ordinaire, le Comité national économique et financier (CNEF) a dressé un bilan encourageant de l’exercice 2025 et tracé des perspectives favorables pour l’année en cours, en dépit d’un environnement international chargé d’incertitudes.
La rencontre, présidée par le ministre des Finances Christian Yoka, a eu lieu en mode présentiel et distanciel. Les travaux se sont déroulés dans un contexte international tendu, marqué par les tensions géopolitiques liées au conflit au Moyen-Orient, la volatilité des cours du pétrole et le ralentissement attendu de l’économie mondiale.
Sur le plan national, le CNEF a relevé la poursuite de la reprise économique, avec un taux de croissance arrêté à 3,8 % en 2025. Cette performance a été soutenue par les secteurs pétroliers et gaziers, ainsi que par le dynamisme du secteur non pétrolier. Sur le front des prix, l’inflation a été contenue à 2,7 %, en deçà du seuil de 3 % fixé par la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC).
Pour l’exercice en cours, les perspectives demeurent favorables selon les principaux indicateurs macroéconomiques. Le CNEF projette une croissance de 5,3 %, portée principalement par le rebond attendu de la production pétrolière, le développement du gaz naturel liquéfié (GNL) et la poursuite des réformes économiques engagées par les autorités congolaises.
Examinant les conditions de financement de l’économie, le Comité a noté une dynamique positive du côté du crédit bancaire. L’encours des crédits accordés au secteur privé a atteint 1 300,7 milliards FCFA, en progression de 23 %. Parallèlement, le taux des créances en souffrance a reculé à 13,5 %, contre 16,5 % en 2024, tandis que le taux de couverture de ces créances par les provisions s’est amélioré à 65,1 %, reflétant les efforts d’assainissement du secteur bancaire.
Sur le terrain du financement public, le Comité a relevé une amélioration du recours au Marché des valeurs du Trésor (MVT) de la CEMAC. Le taux de couverture des besoins exprimés par le Trésor congolais est passé de 46,3 % en 2024 à 49,4 % en 2025, une progression notable, même si elle révèle que près de la moitié des besoins de financement public reste encore non couverte par ce canal.
Par Léon Yougbaré


