Le Ghana : L’inflation remonte à 3,4 % en avril 2026, après une phase prolongée de détente

L’inflation au Ghana a enregistré une légère hausse en avril 2026, atteignant 3,4 % en glissement annuel contre 3,2 % en mars, selon les dernières données publiées par le service statistique national. Cette progression marque un premier redressement après plusieurs mois de ralentissement, même si le niveau global des prix reste relativement modéré par rapport aux pics observés ces dernières années.

La hausse annuelle est principalement tirée par les composantes hors alimentation. L’inflation non alimentaire a progressé à 4,2 % contre 3,9 % un mois plus tôt, sous l’effet combiné de la hausse des prix des carburants, des transports, de l’éducation, de la restauration et des services d’hébergement. À l’inverse, l’inflation alimentaire a poursuivi sa décélération, passant de 2,3 % à 2,2 %, confirmant une relative stabilité des prix des denrées de base.

La structure de l’indice des prix à la consommation montre le poids déterminant de l’alimentation dans l’économie ghanéenne, représentant à elle seule 43 % du panier de consommation. Elle est suivie par le logement et les services publics, ainsi que par le transport, chacun autour de 10 %, puis l’habillement, l’éducation et d’autres postes de consommation essentiels. Cette composition explique la sensibilité des ménages aux variations des prix alimentaires et des coûts de transport.

Le secteur des services reste le principal moteur des tensions inflationnistes. Leur inflation annuelle atteint 9,6 %, contre 7,2 % en mars, confirmant une hausse persistante des coûts dans les domaines de la santé, de l’éducation, des transports et de l’hôtellerie-restauration. Les biens, en revanche, affichent une progression plus modérée, avec une évolution de 1,1 % sur un an après une contraction le mois précédent.

Sur le plan mensuel, la dynamique des prix s’est nettement accélérée. L’indice des prix à la consommation a augmenté de 1 % en avril, contre seulement 0,1 % en mars. Il s’agit de la plus forte variation mensuelle enregistrée depuis février 2025, ce qui suggère une reprise progressive des pressions inflationnistes dans l’économie.

Les données mensuelles confirment également un changement de tendance. Les prix des produits alimentaires ont progressé de 0,8 % en avril, après une baisse de 0,3 % en mars, tandis que les biens et services non alimentaires ont augmenté de 1,1 %, contre 0,3 % le mois précédent. Cette accélération reflète un regain de tensions sur les coûts hors alimentation.

L’analyse détaillée révèle des divergences importantes entre les produits locaux et importés. L’inflation des biens produits localement a légèrement reculé à 4,7 %, tandis que celle des produits importés a augmenté à 0,7 %. Les prix des produits importés ont enregistré une hausse de 1,5 %, après une baisse de 0,2 % en mars, traduisant une pression accrue liée aux conditions internationales et aux variations de change.

Les disparités régionales demeurent particulièrement marquées. La région de Savannah affiche le taux d’inflation le plus élevé du pays à 9,5 %, tandis que la région du Nord-Est enregistre une baisse des prix de 3,5 % sur un an, illustrant une forte hétérogénéité des dynamiques économiques à l’intérieur du territoire. L’écart entre les régions les plus et les moins touchées atteint désormais 13 points de pourcentage.

Dans l’ensemble, le service des statistiques souligne que l’inflation reste contenue mais montre des signes de remontée progressive, notamment sous l’effet des services et de certains coûts énergétiques. Cette évolution pourrait influencer les décisions de politique monétaire dans les prochains mois, dans un contexte où la stabilité des prix demeure un enjeu majeur pour la reprise économique du pays.

Par Leila Toé

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