Institut national de la statistique et de la démographie (INSD) a procédé, le mercredi 6 mai 2026, à la dissémination officielle des résultats du Recensement général des entreprises (RGE), une opération inédite dans l’histoire statistique du Burkina Faso.
Au total, 389 172 unités économiques ont été dénombrées sur l’ensemble du territoire national. Parmi les principaux enseignements de ce recensement, la répartition des entreprises selon le niveau d’instruction de leurs dirigeants apparaît comme l’un des indicateurs les plus marquants.
Selon les données du RGE, 38,1 % des entreprises burkinabè ont à leur tête des promoteurs ou dirigeants n’ayant aucun niveau d’instruction. Les dirigeants de niveau primaire sont responsables de 25,1 % des entreprises recensées. Ceux ayant atteint le niveau post-primaire et le niveau secondaire dirigent respectivement 16 % et 13,6 % des unités économiques. Les entreprises dont les responsables ont un niveau d’instruction supérieur ne représentent que 6,3 % de l’ensemble.
Le RGE renseigne également sur le mode d’acquisition des entreprises. La création initiale représente 89,6 % des cas, loin devant la location-gérance d’un fonds de commerce (4,4 %), la reprise d’activités (2,1 %) et la transmission par succession ou donation (1,4 %).
Le tissu entrepreneurial burkinabè reste relativement jeune, avec un âge moyen des établissements économiques estimé à 5,1 ans. Les établissements les plus anciens se trouvent dans les régions des Cascades (5,9 ans), des Hauts-Bassins (5,5 ans) et du Centre (5,2 ans). À l’inverse, les plus jeunes sont localisés dans la région de l’Est (4 ans), du Nord (4,3 ans) ainsi que dans les régions du Centre-Nord, du Plateau-Central et du Sahel (4,4 ans chacune).
Par secteur d’activité, le primaire regroupe les entreprises les plus anciennes avec un âge moyen de 6,9 ans, suivi du secondaire (5,9 ans) et du tertiaire (4,9 ans).
Pour l’année 2023, le chiffre d’affaires cumulé des entreprises recensées s’établit à 15 830 milliards FCFA. Le commerce en constitue le principal contributeur avec 42,6 % du total, devant les services (26,1 %), les activités extractives (14 %) et les industries hors extraction (10,9 %).
Sur l’ensemble des entreprises, 23 % affichent un chiffre d’affaires compris entre 500 000 et 900 000 FCFA, soit la tranche la plus représentée. Les entreprises dont le chiffre d’affaires dépasse 6 millions FCFA représentent 19,7 % du total, tandis que 17,1 % se situent en dessous de 500 000 FCFA. Les branches des transports et entreposage (76,3 %) et de l’enseignement (54,3 %) concentrent la plus forte proportion d’entreprises réalisant un chiffre d’affaires supérieur à 6 millions FCFA.
Dans le secteur formel, 76,3 % des entreprises enregistrent un chiffre d’affaires supérieur à 6 millions FCFA, contre seulement 17,3 % dans l’informel. À l’inverse, 41,5 % des entreprises informelles opèrent avec un chiffre d’affaires inférieur à 900 000 FCFA.
Le RGE révèle enfin que 96,7 % des entreprises du secteur de la fabrication sont des micro-entreprises. Dans la branche des activités extractives, 22,2 % sont de grandes entreprises et 12,4 % des moyennes entreprises. Le secteur des transports et de l’entreposage se distingue avec 41,8 % d’entreprises de taille moyenne, tandis que l’enseignement compte 17,1 % de petites entreprises.
Par Léon Yougbaré



