Découvrez dix événements économiques et financiers majeurs qui font rayonner le Burkina Faso, ainsi que leurs initiateurs

Depuis quelques années, le Burkina Faso s’impose comme un véritable carrefour de réflexion, d’innovation et de promotion économique. Cette dynamique est largement portée par une diversité de promoteurs (acteurs publics, organisations patronales et structures privées) qui initient et organisent des événements économiques et financiers devenus des références dans la sous-région.

De FIM Legacy, dirigé par Christophe Yaméogo, pour la Semaine de l’Épargne et de l’Investissement, à la SAMAO portée par le gouvernement, en passant par la SA2IF de Constantin Dabiré, la COGEF présidée par Idrissa Nassa, le Salon International de la Bourse Africaine de Boukary Bancé, le Salon des Banques et PME de l’UEMOA piloté par Youepene Hermann Nagalo, ou encore les structures publiques comme l’ABI, la CCI-BF et l’APEX-B, ces acteurs structurent un véritable écosystème de promotion de l’investissement, de la finance et du développement économique.

Découvrez dans cet article les principaux événements qu’ils promeuvent et qui structurent aujourd’hui l’écosystème économique national.

La Semaine des Activités Minières de l’Afrique de l’Ouest

Yacouba ZABRE GOUBA, Ministre en charge des Mines

    Le secteur minier représente l’un des piliers de l’économie burkinabè. C’est dans cette perspective que la Semaine des Activités Minières de l’Afrique de l’Ouest (SAMAO) a été pensée comme un espace de dialogue stratégique, de partage de connaissances et de création de partenariats autour des enjeux liés à l’exploitation des ressources naturelles.

    L’événement, organisé par le gouvernement à travers le ministère en charge des Mines avec l’appui technique du cabinet SEMICA, réunit une diversité d’acteurs, à savoir les institutions publiques, les sociétés minières, les sous-traitants, les ONG, les chercheurs, les investisseurs et les experts venus de toute l’Afrique. À travers des panels thématiques, des échanges techniques et des expositions, la SAMAO explore des questions cruciales telles que la responsabilité environnementale, la transparence, la gouvernance minière, l’intégration locale et la contribution du secteur à la transformation économique du pays, faisant de l’événement une vitrine stratégique sur les opportunités d’investissement dans le secteur minier burkinabè et ouest-africain.

    Cette initiative témoigne de l’ambition du Burkina Faso de devenir un acteur incontournable dans le secteur extractif en Afrique de l’Ouest, en favorisant une exploitation durable, équitable et au service du développement national.

    La rencontre entre le gouvernement burkinabè et le secteur privé

      La rencontre entre le gouvernement burkinabè et le secteur privé s’inscrit dans un cadre de dialogue public-privé mis en place depuis le début des années 2000 afin de rapprocher l’État et les acteurs économiques autour des enjeux de développement. À l’origine, ce mécanisme visait à créer un espace permanent d’échanges pour identifier les contraintes du secteur privé, améliorer le climat des affaires et proposer des réformes économiques adaptées aux réalités du terrain. Au fil du temps, cette initiative s’est institutionnalisée et est devenue un rendez-vous régulier de concertation, élargi à plusieurs secteurs et niveaux de décision.

      Aujourd’hui, cette rencontre est considérée comme une plateforme stratégique de gouvernance économique. Elle permet d’aborder des questions essentielles telles que la fiscalité, l’accès au financement, les infrastructures, l’énergie, la compétitivité des entreprises et les réformes structurelles. Elle repose sur une approche participative et inclusive, intégrant les préoccupations des acteurs économiques afin de favoriser des solutions concertées.

      Dans sa vision globale, ce cadre de dialogue vise à faire du secteur privé un moteur central de la croissance et de la transformation économique du Burkina Faso. Il s’inscrit dans une dynamique de partenariat renforcé entre l’État et les entreprises, avec pour objectifs la stimulation de l’investissement, la création d’emplois et la valorisation du potentiel productif national.

      Le Forum International « Investir au Burkina Faso »

      Serge PODA, Ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat

        Le Forum international « Investir au Burkina Faso », organisé par le gouvernement à travers l’Agence burkinabè des Investissements (ABI), en partenariat avec la Chambre de Commerce et d’Industrie du Burkina Faso (CCI-BF) et l’Agence pour la Promotion des Exportations du Burkina (APEX-B) avec la coordination du Ministère de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat, se veut une plateforme stratégique de promotion des opportunités économiques du pays.

        L’ambition de cette initiative est de connecter les projets structurants du Burkina Faso aux investisseurs nationaux et internationaux, tout en mettant en lumière les réformes engagées pour améliorer le climat des affaires.

        À travers des tables rondes sectorielles, des rencontres de haut niveau, des expositions et des échanges entre décideurs publics, investisseurs et institutions financières, le forum vise à mobiliser des financements, encourager les partenariats stratégiques, accélérer l’industrialisation et favoriser la création d’emplois.

        Les secteurs ciblés concernent notamment l’énergie, les mines, les infrastructures, l’agriculture, l’industrie, les TIC, la santé, le tourisme et le commerce. Conçu comme une vitrine économique internationale, l’événement ambitionne également de renforcer la diplomatie économique du Burkina Faso, de promouvoir le transfert de compétences et de faire du secteur privé un moteur principal de la transformation économique du pays.

        Le Forum sur le Secteur Privé

        Aboubakar NACANABO, Ministre de l’Economie et des Finances

          Dans un contexte où le secteur privé est appelé à jouer un rôle moteur dans la croissance économique, le Forum sur le Secteur Privé constitue une plateforme de dialogue stratégique entre les pouvoirs publics, les entreprises, les partenaires techniques et financiers ainsi que les organisations humanitaires. Coorganisé par le gouvernement burkinabè, le patronat et le Groupe de la Banque mondiale, ce cadre de concertation vise à identifier les leviers de croissance, améliorer le climat des affaires et réfléchir collectivement aux solutions capables de soutenir une croissance plus inclusive, résiliente et durable au Burkina Faso, dans un contexte marqué par de nombreux défis sécuritaires, économiques et sociaux.

          Les échanges portent sur des thématiques structurantes telles que l’accès au financement, la fiscalité, l’environnement juridique, l’innovation, le développement des PME ou encore l’entrepreneuriat féminin et des jeunes. À travers cette rencontre, le gouvernement et ses partenaires veulent repositionner le secteur privé comme un acteur central du développement national, capable de jouer un rôle déterminant dans la transformation structurelle de l’économie, la création d’emplois, l’industrialisation et la résilience économique.

          L’ambition est également de renforcer la collaboration entre l’État, les investisseurs privés et les partenaires internationaux afin de coconstruire des politiques et des projets à fort impact pour les populations. Le forum vise aussi à identifier les réformes prioritaires pour stimuler les investissements dans des secteurs stratégiques comme l’énergie, l’agriculture, les télécommunications, le foncier, la santé ou encore l’entrepreneuriat féminin.

          À travers les différents panels, les participants échangent notamment sur le financement des PME, l’emploi des jeunes et des femmes, l’autonomisation économique, l’industrialisation, la souveraineté alimentaire et sanitaire ainsi que l’intégration des personnes déplacées internes dans l’économie.

          Le Forum national sur le financement de la santé

          Jean Claude KARGOUGOU, Ministre de la Santé

            Le FONAFIS, ou Forum national sur le financement de la santé, est une plateforme stratégique initiée par le gouvernement burkinabè pour repenser durablement le financement du système de santé. Il vise à rassembler les acteurs publics et privés, les collectivités territoriales, les partenaires techniques et financiers ainsi que la société civile autour d’une vision commune : bâtir un système de santé plus résilient, équitable et durable.

            Le principal enjeu du forum est de construire un système de santé capable de garantir un accès équitable aux soins tout en contribuant aux objectifs de développement du Burkina Faso. Le FONAFIS se veut une véritable plateforme de décisions et d’engagements, avec à la clé une feuille de route opérationnelle à l’horizon 2030.

            Le forum s’appuie sur un diagnostic national partagé et débouche sur des engagements concrets, mesurables et suivis, avec pour objectif d’atteindre la couverture sanitaire universelle d’ici 2030, en traduisant les orientations politiques en actions budgétaires effectives.

            Le Forum sur l’investissement souverain

            Idrissa NASSA, Président de la COGEF

              Le forum consacré à l’investissement souverain se positionne comme un cadre stratégique de dialogue et de mobilisation autour des enjeux de transformation économique du Burkina Faso. Porté par les acteurs du secteur privé, notamment la COGEF (anciennement Conseil national du patronat burkinabè), cet événement vise à fédérer les opérateurs économiques, les institutions financières, les autorités publiques, les partenaires régionaux ainsi que les investisseurs autour d’une même vision de développement.

              Conçu comme une plateforme multi-acteurs, le forum poursuit plusieurs objectifs : lever les contraintes structurelles qui freinent l’investissement productif et orienter les capitaux vers des secteurs à fort potentiel de croissance tels que l’agro-sylvo-pastoral, l’agro-industrie, les mines et leur transformation, l’énergie, les infrastructures, l’économie numérique et les services à haute valeur ajoutée.

              Ce forum appelle ainsi à un changement de paradigme, fondé sur l’investissement productif, la transformation locale des ressources, la structuration des chaînes de valeur et une implication accrue du secteur privé dans la construction d’une croissance durable, inclusive et créatrice de valeur ajoutée.

              Le Salon des Banques et PME de l’UEMOA

              Hermann NAGALO, Secrétaire permanent

                Le Salon des Banques et PME de l’UEMOA (SBPME UEMOA) est une plateforme économique régionale créée pour rapprocher les petites et moyennes entreprises (PME) des banques, des institutions financières, des investisseurs et des structures d’accompagnement de l’espace UEMOA. Lancé en 2015, ce rendez-vous annuel est porté par une organisation à but non lucratif dirigée par le secrétaire permanent Hermann Nagalo, considéré comme l’un des initiateurs du projet.

                Dès sa création, le salon s’est donné pour mission de répondre à l’une des principales difficultés du secteur privé ouest-africain : l’accès limité des PME au financement bancaire et aux mécanismes d’accompagnement adaptés. Les initiateurs du SBPME UEMOA partaient du constat que les PME représentent l’essentiel du tissu économique de la sous-région, mais restent confrontées à de nombreux obstacles, notamment les difficultés d’accès au crédit, le manque de garanties bancaires, la faible structuration des entreprises, l’insuffisance d’accompagnement technique et les difficultés d’accès aux marchés régionaux et internationaux.

                Le salon a ainsi été conçu comme un espace de dialogue et de mise en relation entre le monde bancaire et les entrepreneurs afin de favoriser le financement des PME, encourager l’investissement privé et soutenir le développement économique dans l’espace communautaire de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).

                Le Forum International sur l’Investissement Boursier

                Constantin DABIRE, PDG de la SA2IF

                  Le Forum International sur l’Investissement Boursier se concentre sur l’approfondissement des connaissances relatives aux instruments financiers disponibles sur le marché régional. Porté par la Société de Gestion et d’Intermédiation SA2IF, dirigée par Dr Constantin Dabiré, il s’adresse à la fois aux novices et aux investisseurs aguerris, dans une logique de vulgarisation, de formation et d’incitation à l’action. L’événement réunit chaque année des personnalités venues des différents pays de l’UEMOA pour mener des discussions stratégiques sur le marché financier régional.

                  Les discussions portent sur les opportunités d’investissement, les mécanismes de cotation, les critères de sélection des titres, la gestion des risques ainsi que les perspectives d’évolution des marchés. Le forum ambitionne de faire émerger une nouvelle génération d’investisseurs informés, capables de tirer parti des opportunités offertes par le marché régional.

                  Il participe ainsi à l’ancrage d’une culture financière forte, indispensable à l’émergence d’un secteur financier inclusif, efficace et en phase avec les standards internationaux.

                  La Semaine de l’Épargne et de l’Investissement

                  Christophe YAMEOGO, DG du Cabinet FIM Legacy

                    Initiée par le cabinet FIM Legacy de Christophe Yaméogo pour sensibiliser le grand public aux enjeux de l’épargne, de la gestion financière et de l’investissement, la Semaine de l’Épargne et de l’Investissement (SEI) s’impose comme un rendez-vous citoyen. Elle se veut inclusive, ouverte à l’ensemble des composantes de la société : commerçants, professionnels du secteur informel, artistes, fonctionnaires, étudiants, associations, ordres professionnels, etc.

                    Son objectif est de permettre à chacun, quel que soit son niveau de revenu ou de formation, de mieux comprendre les outils financiers à sa disposition pour sécuriser son avenir économique. L’événement va au-delà des frontières nationales en touchant également la diaspora burkinabè, particulièrement attentive aux opportunités d’investissement dans le pays. Ce positionnement fait de la SEI un véritable pont entre les aspirations individuelles et les impératifs de développement collectif. La troisième édition de l’événement, organisée les 6 et 7 février 2026 à Ouagadougou, a rassemblé 2 058 personnes inscrites, dont 591 lors de la première journée et 434 à la seconde, avec l’appui de 28 partenaires issus du secteur financier et économique.

                    Le Salon International de la Bourse Africaine

                    Boukaré BANCE, Commissaire général du SIBA

                      La culture boursière reste encore méconnue dans une grande partie de la population de l’UEMOA. C’est pour combler ce déficit que le Salon International de la Bourse Africaine (SIBA), porté par l’analyste financier Boukary Bancé, a vu le jour. Il vise à démystifier le fonctionnement des marchés financiers, en particulier la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM), et à encourager les entreprises locales à y faire leur entrée.

                      Le salon rassemble des experts financiers, des entreprises, des investisseurs et des particuliers autour de panels, d’ateliers pratiques et de formations. Il offre une opportunité unique de vulgariser les notions clés de l’investissement boursier, de promouvoir la transparence des marchés et de mobiliser l’épargne vers des projets productifs. La première édition a réuni 1 260 personnes en présentiel et 2 312 en ligne, avec 5 pays représentés et 25 institutions et entreprises partenaires.

                      Ces dix événements majeurs, portés par une diversité de promoteurs publics et privés, contribuent à faire évoluer les mentalités, à renforcer les capacités des acteurs et à créer des passerelles durables entre les sphères publiques, privées et citoyennes. Ils constituent des tremplins pour un développement plus inclusif, plus intelligent et tourné vers l’avenir.

                      Par Bernadette W. Gansonré

                      NB : Les événements organisés par les structures publiques ont été affectés aux ministres en charge des départements concernés.


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