Le gouvernement ghanéen a annoncé un vaste plan destiné à recapitaliser entièrement la Banque du Ghana (BoG) d’ici 2032, après les lourdes pertes enregistrées par l’institution ces dernières années.
À fin 2025, la Banque centrale affichait des capitaux propres négatifs estimés à 96,28 milliards de cédis, soit 4 743 milliards de FCFA. Cette situation résulte principalement de pertes cumulées évaluées à près de 35 milliards de cédis, équivalant à 1 724 milliards de FCFA.
Dans le détail, les pertes d’exploitation ont atteint 15,63 milliards de cédis, soit 770 milliards de FCFA, tandis que les pertes liées aux autres éléments du résultat global se sont élevées à 19,32 milliards de cédis, correspondant à 952 milliards de FCFA.
Face à cette dégradation financière, le gouvernement veut mettre en place un mécanisme permanent de soutien à la Banque centrale. Selon le ministre des Finances, Cassiel Ato Baah Forson, une réforme législative est en préparation afin de permettre des injections automatiques de capitaux chaque fois que les fonds propres de la BoG tomberont sous le seuil réglementaire.
Le futur dispositif doit éviter des procédures longues et permettre une intervention rapide de l’État sans nouvelle autorisation parlementaire. Cette réforme vise à renforcer la stabilité du système financier tout en restaurant la crédibilité de la politique monétaire du pays.
Le plan bénéficie du soutien du Fonds monétaire international (FMI), qui vient d’achever son programme de soutien de 3 milliards de dollars au Ghana, soit 1 800 milliards de FCFA.
Pour le FMI, les difficultés financières de la Banque centrale s’expliquent notamment par les coûts élevés des opérations monétaires, les taux d’intérêt importants, les politiques de retrait de liquidités du marché ainsi que les effets des fluctuations du taux de change.
L’institution estime toutefois que la stratégie de recapitalisation engagée par Accra constitue une étape importante pour renforcer durablement la stabilité macroéconomique du pays. Le FMI soutient également certaines mesures déjà prises par la Banque du Ghana pour assainir son bilan, notamment la vente d’une partie de ses réserves d’or à la fin de l’année 2025.
Par Leila Toé


