Le Comité de politique monétaire (CPM) de la Banque du Ghana a décidé, à l’issue de sa 130e réunion ordinaire tenue du 18 au 20 mai 2026, de maintenir le taux directeur à 14 %. Une décision qui reflète un équilibre entre des signaux de reprise encourageants et des risques externes persistants, notamment les tensions au Moyen-Orient.
Le comité souligne que l’économie ghanéenne affiche une dynamique de rebond remarquable au premier trimestre 2026. L’indice composite d’activité économique (ICAE) a progressé de 12,6 % en glissement annuel en mars 2026, contre seulement 2,3 % à la même période de l’année précédente. Cette accélération est portée par le crédit au secteur privé, la consommation des ménages, la production industrielle et les échanges commerciaux internationaux.
Toutefois, relève le comité, des signaux de prudence émergent. Les enquêtes d’avril 2026 révèlent, en effet, un fléchissement de la confiance des consommateurs et des entreprises, que le CPM attribue principalement aux craintes liées aux répercussions du conflit en cours au Moyen-Orient. L’indice des directeurs d’achat (PMI) du Ghana a ainsi reculé à 50,3 en avril, contre 51,4 en mars, sous l’effet de la hausse des coûts des intrants. Le seuil de 50 restant franchi, l’activité demeure en territoire d’expansion, mais le rythme se modère.
Sur le front des prix, la situation reste globalement maîtrisée. L’inflation globale s’est établie à 3,4 % en avril 2026, contre 3,2 % le mois précédent, marquant sa première hausse depuis décembre 2024. Cette légère remontée est principalement imputable à l’inflation hors produits alimentaires, portée par des effets de base techniques.
Au-delà du maintien du taux directeur, le Comité a annoncé une modification du coefficient de réserves obligatoires dynamiques, désormais fixé à un taux uniforme de 20 % libellé en monnaie nationale, applicable à compter du 4 juin 2026. Cette harmonisation du dispositif prudentiel vise à simplifier le cadre de gestion de la liquidité bancaire tout en préservant les conditions d’une politique monétaire rigoureuse.
Malgré ce tableau globalement positif, le CPM identifie plusieurs facteurs de risque susceptibles de remettre en cause les perspectives favorables. La persistance du conflit au Moyen-Orient représente le principal facteur d’incertitude. Une prolongation du conflit pourrait maintenir les prix du pétrole brut au-delà de 100 dollars le baril, avec des répercussions sur les coûts des transports et des services publics au Ghana. Le mécanisme d’ajustement trimestriel des tarifs des services publics pourrait également exercer une pression à la hausse sur l’inflation hors produits alimentaires dans les prochains mois.
Par Léon Yougbaré


