Le taux d’inflation du Nigeria a enregistré une légère hausse en mai 2026, montrant la persistance des tensions sur les prix dans l’économie du pays. Toutefois, le ralentissement de l’inflation sur une base mensuelle nourrit l’espoir d’une accalmie progressive des pressions inflationnistes au cours des prochains mois.
Selon les données publiées le lundi 15 juin par le Bureau national des statistiques (NBS), l’inflation annuelle s’est établie à 15,93 % en mai, contre 15,69 % en avril. Cette progression confirme que les prix à la consommation continuent d’augmenter dans l’ensemble de l’économie, même si leur rythme de croissance semble moins soutenu qu’au cours des périodes précédentes.
L’indice des prix à la consommation (IPC), principal baromètre de l’évolution des prix des biens et services, est passé de 138,3 points en avril à 140,7 points en mai. Cette hausse reflète l’augmentation continue du coût de la vie pour les ménages nigérians, confrontés depuis plusieurs années à une inflation persistante.
Malgré cette progression annuelle, les données révèlent un ralentissement du rythme mensuel de l’inflation. Une évolution qui pourrait signaler le début d’une phase de modération des prix après plusieurs mois de fortes tensions. Les chiffres publiés se sont d’ailleurs révélés moins élevés que les anticipations de nombreux analystes, renforçant les perspectives d’une amélioration graduelle de la situation.
Les observateurs attribuent en partie cette évolution à l’amélioration récente du contexte énergétique mondial. Les prix internationaux du pétrole ont reculé ces dernières semaines, notamment à la faveur d’un accord entre les États-Unis et l’Iran ayant permis la réouverture du détroit d’Ormuz, une voie stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures.
Pour le Nigeria, premier producteur africain de pétrole, cette détente sur les marchés énergétiques pourrait contribuer à réduire certains coûts de production et de transport. Une baisse durable des prix du carburant et de la logistique permettrait ainsi d’atténuer une partie des pressions inflationnistes qui affectent aussi bien les entreprises que les consommateurs.
Cette évolution pourrait également influencer les orientations futures de la politique monétaire. Depuis plusieurs années, la Banque centrale du Nigeria maintient une politique restrictive, marquée par des taux d’intérêt élevés destinés à contenir l’inflation et à soutenir la stabilité du naira.
Si la tendance à la modération des prix se confirme dans les prochains mois, les autorités monétaires pourraient disposer d’une plus grande marge de manœuvre pour envisager un assouplissement progressif de leur politique. Toutefois, les économistes restent prudents et attendent les prochaines publications statistiques pour déterminer si le ralentissement observé en mai constitue le début d’un processus durable de désinflation.
Bien que l’inflation demeure supérieure aux niveaux jugés compatibles avec une stabilité durable des prix, l’amélioration des conditions de change, la baisse des coûts énergétiques mondiaux et le ralentissement de l’inflation mensuelle offrent des perspectives plus encourageantes pour la seconde moitié de l’année.
Pour les autorités nigérianes, le principal défi reste désormais de soutenir la croissance économique tout en poursuivant les efforts visant à ramener l’inflation à des niveaux plus maîtrisés.
Par Amhed Coulibaly


