Ghana : Standard Bank prévoit une croissance de 5,9 % à 6,1 % en 2026, portée par l’or et les infrastructures

Le Ghana devrait enregistrer une croissance comprise entre 5,9 % et 6,1 % en 2026, avec une possible accélération à 6,2 %, voire 6,3 % en 2027, selon Jibran Qureishi, responsable de la recherche Afrique chez Standard Bank. Ces perspectives reposent sur des moteurs structurels, notamment l’expansion du secteur aurifère, la poursuite des investissements dans les infrastructures et l’amélioration des réserves de change.

Ces projections interviennent après une performance plus robuste que prévu en 2025. L’économie ghanéenne a progressé d’environ 6 %, contre une estimation initiale comprise entre 5,6 % et 5,8 %, renforçant l’idée d’une reprise plus solide qu’anticipé.

Les infrastructures constituent l’un des principaux leviers identifiés. Parmi les projets en cours figurent l’extension du port de Tema, mise en service fin 2025, l’élargissement de l’axe Accra-Tema, ainsi que la reconstruction de l’aéroport de Kumasi. Ces investissements sont appelés à produire des effets d’entraînement sur l’ensemble de l’économie.

Dans le secteur minier, le renforcement du contrôle de l’or devrait contribuer à limiter les flux issus de l’exploitation artisanale informelle et à améliorer la performance globale de la filière.

Par ailleurs, le programme d’achat d’or de la Banque du Ghana continue de jouer un rôle d’amortisseur face aux chocs externes. Malgré les pertes comptables liées aux coûts de stérilisation, les autorités privilégient ses bénéfices pour la stabilité de la position extérieure du pays.

Dans le même temps, Standard Bank anticipe un maintien de prix de l’or favorables, soutenus par la demande des banques centrales des marchés émergents et les perspectives d’un affaiblissement du dollar.

Sur le plan financier, la structure du marché local a fortement évolué. La part des investisseurs étrangers dans la dette ghanéenne est passée d’environ 40 % avant la pandémie à moins de 5 % aujourd’hui. Une recomposition qui réduit la dépendance aux flux externes tout en limitant certaines sources de financement.

Pour l’institution, cette transformation fait du Ghana un « marché à faible bêta », moins sensible aux chocs internationaux, ce qui soutient la stabilité macroéconomique à moyen terme.

Dans ce contexte, les fondamentaux actuels confortent les perspectives de croissance pour 2026, avec une trajectoire qui pourrait se renforcer au-delà.

Par Leila Toé

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