L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) a publié, le 18 juin dernier, la 20e édition de ses Perspectives pétrolières mondiales, sa publication annuelle de référence sur les tendances à moyen et à long terme des secteurs du pétrole et de l’énergie. Lancée pour la première fois en 2007, cette étude a été présentée au siège du Secrétariat de l’OPEP, à Vienne, en Autriche.
Selon les projections de l’organisation, la demande énergétique mondiale devrait augmenter de 23 % d’ici 2050, sous l’effet conjugué de la croissance démographique et économique mondiale.
Dans ce contexte, la demande mondiale de pétrole devrait, elle aussi, connaître une progression significative, atteignant 124 millions de barils par jour à cet horizon. Ce niveau, selon l’OPEP, confirme le rôle durable des hydrocarbures dans le mix énergétique mondial.
Ces projections intègrent les développements énergétiques, économiques et politiques récents, ainsi que les défis évolutifs liés à la sécurité énergétique, à l’accessibilité financière de l’énergie et à la réduction des émissions de gaz à effet de serre.
Le rapport insiste sur la nécessité de définir des trajectoires énergétiques à la fois équilibrées et réalistes, prenant en compte la diversité des besoins et des priorités selon les régions du monde. Il met en avant le rôle complémentaire de l’ensemble des sources d’énergie et des technologies disponibles pour répondre à la demande future, ainsi que l’urgence d’élargir l’accès à des services énergétiques modernes pour des milliards de personnes qui en sont aujourd’hui privées.
Pour le secrétaire général de l’OPEP, Haitham Al Ghais, l’enjeu central reste celui du financement du secteur. « L’ampleur des besoins énergétiques de l’humanité exige dès aujourd’hui des investissements soutenus dans tous les secteurs de l’énergie et des technologies », a-t-il déclaré, précisant que le seul secteur pétrolier nécessitera des investissements cumulés de 17 700 milliards de dollars entre 2026 et 2050, soit plus de 700 milliards de dollars par an.
Cette estimation, qui dépasse largement les niveaux d’investissement annuels actuels du secteur, démontre l’ampleur du défi que représente, selon l’OPEP, le maintien d’une offre pétrolière suffisante pour accompagner la croissance de la demande mondiale projetée à long terme.
Par Léon Yougbaré


