La Côte d’Ivoire renforce sa coopération avec le Fonds monétaire international (FMI). Le Conseil d’administration de l’institution de Bretton Woods a approuvé, le 24 juin 2026, les sixièmes revues des programmes soutenus par la Facilité élargie de crédit (FEC) et le Mécanisme élargi de crédit (MEDC), ainsi que la cinquième et dernière revue de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD). Cette décision ouvre la voie à un décaissement immédiat d’environ 832,8 millions de dollars américains, confirmant les progrès enregistrés par l’économie ivoirienne.
Dans le détail, ce financement comprend 247,774 millions de droits de tirage spéciaux (DTS) au titre du MEDC, 123,884 millions de DTS au titre de la FEC et 243,9 millions de DTS dans le cadre de la FRD. Pour le FMI, ces programmes ont permis à la Côte d’Ivoire de restaurer sa stabilité macroéconomique, de réduire sensiblement les déséquilibres budgétaires et extérieurs, de renforcer la viabilité de sa dette et d’améliorer sa résilience face aux chocs climatiques.
L’institution financière internationale souligne que la mise en œuvre du programme est demeurée exemplaire. Tous les critères de performance quantitatifs arrêtés à fin décembre 2025 ainsi que les repères structurels prévus dans le cadre des accords FEC/MEDC ont été respectés. Les autorités ivoiriennes ont également achevé l’ensemble des réformes prévues dans le cadre de la FRD, notamment l’assurance contre les risques climatiques dans l’agriculture, l’adoption d’une stratégie de taxation du carbone, les réformes en faveur de véhicules plus propres ainsi que la finalisation des appels d’offres pour deux centrales solaires photovoltaïques.
Le FMI relève que les efforts de consolidation budgétaire engagés par les autorités ont permis de ramener le déficit budgétaire au plafond communautaire de 3 % du PIB fixé par l’UEMOA dès 2025. Parallèlement, le déficit du compte courant s’est considérablement réduit, tandis que la dette publique a diminué en proportion du PIB pour la première fois depuis plus de dix ans. Cette évolution a conduit à une amélioration notable de l’évaluation de la dette ivoirienne, le risque de surendettement étant désormais considéré comme faible, contre modéré auparavant.
Malgré ces résultats encourageants, le FMI estime que l’environnement international demeure incertain. La croissance économique de la Côte d’Ivoire devrait ralentir légèrement pour atteindre 6 % en 2026, contre 6,5 % en 2025, en raison notamment du ralentissement de la demande mondiale provoqué par la guerre au Moyen-Orient et des incertitudes géopolitiques persistantes. L’inflation devrait remonter à 3,3 %, portée par la hausse des prix des produits alimentaires et de l’énergie.
Le déficit du compte courant est attendu à 2,3 % du PIB en 2026, après avoir été quasiment équilibré en 2025. En revanche, les réserves de change régionales demeurent solides, représentant plus de huit mois d’importations.
Face aux pressions sur les recettes publiques, notamment celles provenant des carburants et des exportations de cacao, les autorités ivoiriennes prévoient un assouplissement temporaire de leur objectif budgétaire. Le déficit public devrait ainsi atteindre 3,8 % du PIB en 2026, contre un objectif initial de 3 %, avant un retour progressif au plafond communautaire de 3 % d’ici 2028.
À moyen terme, le FMI reste confiant quant aux perspectives économiques du pays. La vigueur de la consommation intérieure, le maintien d’un niveau élevé d’investissements, l’expansion des secteurs des hydrocarbures et des mines ainsi que la mise en œuvre du Plan national de développement 2026-2030 devraient soutenir la croissance.
Par Amhed Coulibaly


