Le transport aérien burkinabè poursuit sa trajectoire de croissance. Les dernières statistiques de la Société des Aéroports du Faso (SAFA) mettent en évidence une progression soutenue du trafic de passagers et du fret, confirmant le retour à une dynamique favorable après les perturbations liées à la pandémie de Covid-19.
Selon les données compilées par la SAFA, le trafic de passagers à l’aéroport international de Ouagadougou est passé de 494 710 voyageurs en 2016 à 750 188 en 2025, soit une progression de plus de 51 % en moins d’une décennie. Cette évolution traduit un redressement durable de l’activité aérienne nationale et une amélioration progressive de la connectivité du Burkina Faso avec les marchés régionaux et internationaux.
La reprise s’est particulièrement accélérée au cours des deux dernières années. Entre 2023 et 2025, le nombre de passagers a, en effet, progressé de 17,5 %, témoignant d’une reprise des déplacements d’affaires, des échanges commerciaux et de la mobilité des populations.
Une plateforme régionale qui se consolide
L’analyse de la structure du trafic révèle également le positionnement grandissant de l’aéroport de Ouagadougou dans les échanges régionaux. Les dessertes au sein de la sous-région représentent désormais plus de 52 % des passagers transportés, tandis que les voyageurs en transit comptent pour plus de 30 % du trafic total.
Ces indicateurs démontrent le potentiel de développement des fonctions de correspondance régionale de la plateforme burkinabè, dans un contexte où les compagnies aériennes recherchent des hubs capables d’optimiser leurs réseaux.
Cette évolution intervient alors que le transport aérien mondial poursuit sa croissance. Les projections de l’Association du transport aérien international (IATA) anticipent une progression continue des flux de voyageurs et de marchandises, portée par la reprise des voyages internationaux, le développement du commerce et l’essor du tourisme.
Le fret progresse, mais les exportations restent limitées
Les performances enregistrées dans le transport de marchandises confirment également la montée en puissance du secteur. En 2025, les plateformes aéroportuaires burkinabè ont traité plus de 8 680 tonnes de fret. Les importations demeurent toutefois largement dominantes, avec près de 7 360 tonnes de marchandises à l’arrivée, contre environ 1 320 tonnes expédiées au départ.
Au-delà des performances commerciales, le Burkina Faso bénéficie aujourd’hui d’un avantage compétitif significatif sur le marché régional grâce à la baisse du coût du carburant aéronautique.
Depuis 2023, le prix du Jet A1 a reculé de près de 54 %, passant d’environ 1 300 FCFA à près de 600 FCFA le litre, à la faveur de la nouvelle politique d’approvisionnement et du renforcement des capacités de stockage de la Société nationale burkinabè d’hydrocarbures (SONABHY).
Des investissements pour accompagner la croissance
La progression du trafic intervient alors que les autorités poursuivent un vaste programme de modernisation des infrastructures aéroportuaires. Celui-ci prévoit notamment le renforcement des capacités d’accueil des passagers, l’extension des infrastructures de fret, le développement de plateformes logistiques, de centres de maintenance aéronautique, ainsi que de zones économiques spéciales autour des principaux aéroports du pays.
La stratégie vise également à moderniser les aérodromes de l’intérieur afin d’améliorer la connectivité nationale et de soutenir le développement économique des différentes régions.
Par Léon Yougbaré


