Le Collège de supervision de la Commission bancaire de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA) a publié, à l’issue de sa 152ᵉ session tenue les 17 et 18 mars 2026, une série de sanctions disciplinaires et pécuniaires visant cinq établissements financiers de l’Union.
Parmi elles, deux retraits d’agrément marquent les décisions les plus lourdes de cette session : celui de la Société burkinabè de Crédit Automobile (SOBCA), installée à Ouagadougou, et celui de ZEYNA, établissement implanté au Niger.
La Commission bancaire a clôturé la procédure disciplinaire ouverte à l’encontre de la SOBCA en prononçant le retrait pur et simple de son agrément, entraînant sa mise en liquidation. Selon le régulateur, cette décision sanctionne une infraction quasi généralisée à la réglementation prudentielle.
De plus, la décision est justifiée par le non-respect des injonctions de l’autorité communautaire de supervision depuis 2022, soit près de quatre années durant lesquelles l’établissement n’aurait pas engagé les redressements exigés, ainsi que par l’absence de perspective viable de redressement.
La SOBCA figurait encore sur la liste des établissements de crédit agréés dans l’UMOA à fin décembre 2025, aux côtés d’autres acteurs spécialisés dans le financement automobile de la place burkinabè. Sa disparition réduit le nombre d’établissements financiers à caractère bancaire opérant au Burkina Faso dans ce segment de niche du crédit automobile.
ZEYNA : accusé d’activités illégales hors des frontières
Le cas de ZEYNA, également sanctionné par un retrait d’agrément suivi d’une mise en liquidation, apparaît plus sévère dans sa motivation. La Commission bancaire y relève une infraction généralisée à la réglementation bancaire ainsi qu’aux dispositifs de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive.
Le régulateur pointe surtout l’exercice illégal d’activités dans d’autres pays de l’Union, en l’absence d’autorisation préalable. À ces éléments s’ajoutent des manquements au reporting comptable et prudentiel.
Trois banques sanctionnées à hauteur de 900 millions FCFA
Le Collège a par ailleurs prononcé des blâmes, assortis chacun d’une sanction pécuniaire de 300 millions de FCFA, à l’encontre de banques installées au Togo, au Niger et au Mali.
Les trois décisions mettent en évidence un dénominateur commun : des faiblesses dans les dispositifs de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive (LBC/FT-P).
À ces manquements s’ajoutent, selon le régulateur, des lacunes en matière de gouvernance et de gestion des risques. La banque installée au Togo se distingue par l’ampleur des infractions relevées, qualifiées de « quasi généralisées » aux normes prudentielles.
Par David Yaméogo


