Le secteur de l’or artisanal au Ghana devrait poursuivre sa dynamique en 2026. Après avoir atteint un niveau historique l’an dernier, la production est en bonne voie pour égaler, voire dépasser, ce record, portée par des achats soutenus de l’Office ghanéen de l’or (GoldBod) et par les réformes engagées pour mieux encadrer la filière.
Au cours des six premiers mois de l’année, GoldBod a acquis entre 50 et 54 tonnes d’or issues de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle (ASM), selon des informations rapportées par Reuters. À ce rythme, les volumes collectés devraient atteindre, voire dépasser, les 104 tonnes enregistrées en 2025, un niveau inédit qui avait permis au secteur artisanal de surpasser, pour la première fois, les grandes exploitations industrielles.
En 2025, la montée en puissance de l’exploitation artisanale s’est traduite par une contribution accrue aux recettes d’exportation du pays. Ce segment a généré près de 11 milliards de dollars de recettes, soit 6 400 milliards de FCFA, contre environ 9 milliards de dollars, soit 5 600 milliards de FCFA pour les compagnies minières industrielles, selon les données communiquées par GoldBod.
Cette évolution illustre les effets des réformes engagées par les autorités ghanéennes pour mieux structurer le secteur, limiter les circuits de contrebande et renforcer la captation des recettes d’exportation. Ces mesures ont contribué à accroître les volumes officiellement commercialisés tout en consolidant la place de l’or comme première source de devises du pays.
Des recettes attendues en hausse malgré le repli des cours
GoldBod avait établi ses projections pour 2026 sur la base d’un prix moyen de l’or de 5 000 dollars l’once (3 millions de FCFA) et d’achats hebdomadaires d’environ 2,5 tonnes. Bien que le récent recul des cours internationaux ait conduit à revoir les prévisions de revenus à la baisse, les perspectives demeurent favorables. Selon Sammy Gyamfi, les prix moyens de l’or restent supérieurs à ceux observés en 2025. Cette situation devrait permettre au Ghana d’enregistrer, cette année encore, des recettes d’exportation supérieures à celles de l’exercice précédent, malgré un niveau inférieur aux estimations initiales.
Par Leila Toé


