Burkina Faso : La Banque mondiale mobilise 72 milliards FCFA pour renforcer la protection sociale et l’autonomisation économique

La Banque mondiale renforce son appui au Burkina Faso avec un nouveau financement de 120 millions de dollars, soit 72 milliards de FCFA, destiné à améliorer les conditions de vie des populations les plus vulnérables tout en consolidant le système national de protection sociale. Déployée sur cinq ans, cette intervention vise à élargir les opportunités économiques des ménages pauvres et à renforcer leur résilience face aux différents chocs.

Le financement comprend un prêt de 100 millions de dollars, soit 60 milliards de FCFA, accordé par l’Association internationale de développement (IDA), ainsi qu’un don de 20 millions de dollars, soit 12 milliards de FCFA, provenant du Programme de protection sociale adaptative au Sahel. Ces ressources seront consacrées au Projet d’autonomisation économique des ménages pauvres et vulnérables pour la résilience et la protection sociale adaptative (PARPS), qui accompagnera la mise en œuvre de la Stratégie nationale de protection sociale 2024-2028.

À terme, 120 000 personnes devraient bénéficier directement de cette opération. Les interventions cibleront principalement les ménages pauvres, les personnes déplacées internes et les rapatriés. Le projet ambitionne de favoriser leur insertion économique à travers le développement des compétences, l’amélioration de la sécurité alimentaire, l’accès aux services de santé et de nutrition, ainsi que le renforcement de l’autonomisation économique des femmes. Il prévoit également des mesures destinées à accroître la résilience des ménages face aux effets du changement climatique et aux autres crises.

Cette nouvelle opération s’appuie sur les acquis du Projet de filets sociaux Burkina Naong Sa Ya, mis en œuvre entre 2014 et 2024. Ce programme avait permis d’apporter une assistance sociale à plus d’un million de personnes vulnérables et de mettre en place un registre social national des ménages vulnérables.

Cet outil constitue aujourd’hui un élément majeur du dispositif de protection sociale du pays. Il permet d’améliorer l’identification des bénéficiaires et de mieux orienter les interventions publiques vers les populations qui en ont le plus besoin.

Avec le PARPS, l’objectif est désormais d’élargir l’utilisation de ce registre et de renforcer son interconnexion avec d’autres bases de données nationales, notamment celles relatives aux personnes déplacées internes et à l’assurance maladie. Cette évolution doit permettre un ciblage plus efficace des bénéficiaires et une meilleure coordination des programmes sociaux.

Le projet envisage aussi une modernisation du système national de protection sociale. Il vise notamment à renforcer les capacités des institutions, à améliorer la gestion des données sociales et à développer des mécanismes plus efficaces de coordination entre les différents programmes.

Par Bernadette W. Gansonré

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