Le secteur bancaire de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) a poursuivi, en 2025, le financement de l’activité économique de la région, dans un contexte marqué par une expansion soutenue du bilan des établissements de crédit et le maintien de niveaux de solvabilité globalement satisfaisants.
L’UEMOA comptait, à fin 2025, 160 établissements de crédit en activité, dont 135 banques et 25 établissements financiers à caractère bancaire. Au titre de l’exercice 2025, le total du bilan de l’ensemble des établissements de crédit a progressé de 10,1 %, pour s’établir à 78 853,6 milliards FCFA.
Les ressources du secteur bancaire se sont consolidées de 14,8 % en rythme annuel, pour ressortir à 67 313,3 milliards FCFA. Cette hausse est portée par l’ensemble de leurs composantes. Dans le détail, les dépôts et emprunts ont augmenté de 15 %, les fonds propres nets de 12,7 % et les autres ressources de 15,2 %.
En termes de structure, ces ressources restent principalement constituées à 81,4 % de dépôts de la clientèle, suivis des fonds propres nets (11,6 %) et des autres ressources (7 %).
Quant aux emplois, ils ont progressé de 9 %, pour atteindre 70 157,6 milliards FCFA. Cette augmentation est tirée par la hausse des crédits à la clientèle (+5,3 %) et par celle du portefeuille de titres détenus par les banques (+14,5 %).
La structure des emplois est demeurée dominée, à fin décembre 2025, par les crédits à la clientèle (55,3 %) et les titres (36,7 %), contre respectivement 57,2 % et 34,9 % un an plus tôt. La part des emplois divers, quant à elle, est passée de 7,8 % à 8 %.
La trésorerie des établissements de crédit, bien que structurellement déficitaire, s’est significativement améliorée au cours de l’exercice, gagnant 2 876,5 milliards FCFA, soit une progression de 50,3 %. Elle s’établit ainsi à -2 844,3 milliards FCFA à fin décembre 2025, contre -5 720,8 milliards FCFA un an plus tôt.
La qualité du portefeuille de crédits du secteur bancaire s’est légèrement dégradée sur la période. Le taux brut de dégradation du portefeuille est ressorti à 9,1 % à fin décembre 2025, contre 8,5 % un an auparavant, soit une hausse de 0,6 point de pourcentage, sous l’effet d’une progression de 11,8 % des créances en souffrance sur la période.
Le taux net de dégradation a, pour sa part, également augmenté de 0,6 point de pourcentage, pour s’établir à 3,9 % à fin décembre 2025.
Au plan prudentiel, le secteur bancaire de l’UEMOA est demeuré globalement résilient en 2025. Le ratio moyen de solvabilité est ressorti à 14,7 % à fin décembre 2025, un niveau qui reste supérieur à la norme minimale réglementaire de 11,5 %.
Par David Yaméogo


