Burkina : le gouvernement engage près de 840 milliards FCFA pour l’Offensive agropastorale, hydraulique et halieutique 2026-2028

Avec près de 274 milliards FCFA investis entre 2023 et 2025, l’Offensive agropastorale et halieutique (OAPH) a permis au Burkina Faso d’atteindre un taux historique de couverture des besoins céréaliers de 124 %. Pour la période 2026-2028, le Gouvernement prévoit d’engager près de 840 milliards FCFA dans le cadre d’une nouvelle offensive élargie à l’hydraulique.

Lancée avec l’ambition d’assurer, à l’horizon 2025, la souveraineté alimentaire du Burkina Faso et la création d’emplois décents dans le secteur rural, l’Offensive agropastorale et halieutique s’est inscrite dans une volonté politique de faire de ce secteur un levier essentiel de croissance et de transformation structurelle de l’économie.

Selon la communication présentée au Conseil des ministres, les investissements de 273,99 milliards FCFA consentis dans ce cadre ont permis de porter la production céréalière à un niveau historique de plus de 7 millions de tonnes, avec un taux de couverture des besoins céréaliers de 124 %.

Dans le détail, plusieurs filières ont enregistré des résultats supérieurs aux cibles fixées. La production de maïs a atteint 2,69 millions de tonnes, soit un taux d’atteinte de la cible de 134 %, tandis que la production de riz s’est établie à 1,01 million de tonnes, pour un taux de réalisation de 101 %.

La mobilisation de kits de noyaux reproducteurs de petits ruminants au profit des éleveurs a même largement dépassé l’objectif, avec 30 631 kits distribués, pour un taux d’atteinte de 153,15 %.

D’autres filières affichent, en revanche, des résultats en deçà des cibles initiales : la production de poisson s’est limitée à 58 476 tonnes, soit un taux de réalisation de 58,47 % de l’objectif, et le renouvellement des vergers de manguiers n’a couvert que 3 170 hectares, pour un taux d’atteinte de 63,4 %.

La production de pommes de terre a atteint 51 818 tonnes (86,36 % de la cible), celle de blé 9 806 tonnes sur 2 526 hectares emblavés, tandis que deux zones pastorales modernes ont été immatriculées et aménagées sur 25 062 hectares.

Cet accroissement des productions, combiné à des mesures et réformes telles que la restructuration de la Société nationale de gestion des stocks de sécurité alimentaire (SONAGESS) ainsi que la régulation des importations et des exportations, a permis, selon le ministre, de stabiliser les prix des produits agropastoraux et halieutiques sur le marché national.

Plusieurs milliers d’emplois générés et une contribution accrue au PIB agricole

Sur le plan de l’emploi, le programme a permis de créer 91 027 emplois, dont 26 202 permanents. Les femmes en ont été les principales bénéficiaires, avec 32 009 emplois créés, devant les Personnes déplacées internes (PDI), avec 4 724 emplois, et les Volontaires pour la défense de la Patrie (VDP), avec 289 emplois.

La mise en œuvre de l’offensive a, par ailleurs, contribué à un accroissement annuel moyen du Produit intérieur brut (PIB) agricole de 12,13 % sur la période 2023-2025, soit un taux d’atteinte de 111,79 % par rapport à l’objectif fixé, tandis que les revenus des ménages ont progressé de 4,3 %.

Une nouvelle offensive de 840 milliards FCFA pour 2026-2028

Fort de ce bilan, le Gouvernement a annoncé la poursuite du programme sous une forme élargie, désormais dénommée Offensive agropastorale, hydraulique et halieutique (OAPH) 2026-2028, qui intègre cette fois le domaine de l’hydraulique et l’amélioration du cadre de vie. Cette nouvelle phase constitue le cadre sectoriel d’opérationnalisation du plan RELANCE 2026-2030.

Le coût global de cette nouvelle offensive est évalué à 839,99 milliards FCFA, soit un montant plus de trois fois supérieur à celui de la phase précédente. Son financement sera assuré par la mobilisation des ressources propres de l’État.

Les nouvelles interventions prévues doivent permettre d’opérationnaliser les instruments déjà mis en place, de consolider les filières promues lors de la première phase, de développer de nouvelles filières stratégiques et de promouvoir des filières émergentes.

Le dispositif distingue ainsi huit filières prioritaires, à savoir le riz, le lait, le soja, le sésame, l’arachide, le blé, le manioc et le karité. En outre, six filières sont prévues pour être consolidées, à savoir le maïs, la pomme de terre, la mangue, le bétail-viande, le poisson et la volaille. Enfin, six autres filières émergentes seront promues, à savoir la banane plantain, le tournesol, l’ananas, le lapin, le palmier à huile et le cacao.

À terme, la mise en œuvre de l’OAPH 2026-2028 doit entraîner une hausse significative des productions agropastorales et halieutiques, notamment une progression de 40 % de la production céréalière, avec un objectif de maintien structurel du taux de couverture des besoins céréaliers au-dessus de 120 %. Les investissements prévus doivent également permettre la création de 125 000 emplois dans le secteur.

Par Léon Yougbaré

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Inscription à notre Newsletter

Sur le même sujet