Au Burkina Faso, le gouvernement poursuit son offensive agricole. Le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a procédé à la mise en eau, le dimanche 2 août 2026, du périmètre irrigué de Niéguéma-Toukôrô, dans la commune rurale de Bama, province du Houet, région du Guiriko. Le ministre d’État, ministre de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques, le Commandant Ismaël Sombié, était également présent à la cérémonie d’ouverture des vannes.
Adossé au barrage de Samendéni, dont il tire son alimentation en eau, l’ouvrage s’étend sur 605 hectares, dont 557 hectares directement exploitables, répartis en 2 228 parcelles, en bordure du fleuve Mouhoun.
Une partie de cette superficie a été réservée à des missions spécifiques. Ainsi, 40 hectares ont été confiés à l’Agence pour la promotion de l’entrepreneuriat communautaire (APEC) pour la culture de la tomate, tandis que 10 hectares ont été mis à la disposition de l’Institut de l’environnement et de recherches agricoles (INERA) pour la production de semences améliorées. L’ensemble s’inscrit dans un programme plus vaste visant à irriguer 21 000 hectares dans la vallée du Mouhoun.
Le financement de cette infrastructure s’élève à près de 9,9 milliards FCFA et a été intégralement assuré sur les ressources propres de l’État. Les travaux ont porté sur une station de pompage capable de refouler 1 560 litres d’eau par seconde, un réseau de 45 kilomètres de canaux d’irrigation complété par 26 kilomètres de canaux de drainage, 36 kilomètres de pistes agricoles, ainsi qu’un entrepôt de stockage d’une capacité de 250 tonnes. L’eau est acheminée depuis le barrage de Samendéni, situé à 34 kilomètres en amont du site.
Sur le plan économique, le gouvernement mise sur une production annuelle de 7 200 tonnes de riz et 1 800 tonnes de blé, avec l’objectif de générer un chiffre d’affaires estimé à 2,5 milliards FCFA.
L’irrigation permanente doit surtout affranchir les exploitants de la dépendance à la seule saison des pluies. Jusqu’à trois cycles de culture par an deviennent ainsi envisageables, avec à la clé des rendements plus élevés et des revenus plus stables pour les producteurs.
Devant les bénéficiaires, le chef du gouvernement a inscrit ce chantier dans une perspective dépassant la seule performance agricole, y voyant une démonstration de la capacité du pays à mobiliser ses propres ressources pour réaliser des infrastructures structurantes.
Il a également appelé les exploitants à assurer une gestion rigoureuse de la ressource en eau et un entretien régulier des équipements, deux conditions essentielles à la durabilité de l’investissement.
Dans la foulée, la Direction générale des aménagements agro-pastoraux et du développement de l’irrigation a remis dix motoculteurs aux producteurs afin d’accompagner le démarrage de l’exploitation.
Quant au suivi technique du périmètre, à l’encadrement des producteurs et à la gestion de l’eau, ils seront désormais assurés par l’Agropole de Samendéni, en lien avec les services régionaux du ministère de l’Agriculture.
Par David Yaméogo


