La 27ᵉ session de l’Assemblée générale des établissements publics de l’État (AG/EPE) s’est tenue ce vendredi 31 juillet 2026 à Ouagadougou, sous le thème « La gestion des Établissements Publics de l’État dans un contexte de Révolution Progressiste Populaire (RPP) ». Le rendez-vous annuel, qui réunit depuis l’an 2000 le Gouvernement et les responsables des EPE, a permis de dresser le bilan financier de l’exercice 2025 pour 106 structures, contre 109 lors de la 26ᵉ session et 104 lors de la 25ᵉ.
Le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a présidé ce vendredi 31 juillet 2026 la 27ᵉ session de l’Assemblée générale des établissements publics de l’Etat (AG/EPE). Lors de la rencontre statutaire, le secrétaire général du ministère de l’Économie et des Finances, Vieux Abdoul Rachid Soulama, a présenté le rapport détaillé sur la gestion des EPE au titre de l’exercice 2025, portant sur 88 établissements publics classiques et 18 fonds nationaux de financement (FNF) ayant transmis leurs états financiers.
Pour les 88 établissements publics classiques, les recettes de l’exercice 2025 ressortent à 518,62 milliards FCFA, en progression de 9,02 % sur un an. Ces recettes proviennent essentiellement de la subvention de l’État, qui en représente 59,91 %, devant les recettes propres (18,42 %), l’excédent d’exécution de l’année précédente (17,03 %), les autres subventions (3,87 %) et les emprunts (0,76 %).
Du côté des dépenses, qui s’établissent à 405,6 milliards FCFA, le fonctionnement hors présalaires en absorbe la majeure partie avec 84,48 %, suivi des investissements (8,71 %), des dépenses de projets de recherche (2,92 %), des présalaires et pécules (2,91 %) et des remboursements d’emprunts (0,97 %). La masse salariale atteint 211,93 milliards FCFA, en hausse de 3,65 %, pour un effectif de 43 208 agents, en progression de 5,43 %.
Sur le plan de l’endettement et de la liquidité, le total des dettes des EPE classiques s’élève à 34,58 milliards FCFA, tandis que le solde final de trésorerie ressort à 172,32 milliards FCFA, en hausse de 21,29 %, portant le taux de couverture des dettes par la trésorerie à 498,32 %. Le taux d’autofinancement global progresse également, à 27,88 %, bien que 34 EPE demeurent encore en dessous du seuil de référence de 20 %.
Concernant les ratios de gestion, la part des charges de personnel dans les charges de fonctionnement s’établit à 63,25 %, contre 64,54 % en 2024, pour une norme fixée à 50 %, un ratio que 39 EPE n’ont pas respecté.
Le taux d’exécution des recettes atteint 96,32 %, largement au-dessus de la norme de 80 %, mais 12 EPE ne l’ont pas respecté. Le taux d’exécution des dépenses recule légèrement à 75,81 %, en dessous de la norme fixée entre 80 et 100 %, un seuil que 4 EPE n’ont pas atteint.
Financement record porté par les fonds d’Etat
Pour les 18 fonds nationaux de financement, les recettes totales ressortent à 371,76 milliards FCFA, en hausse de 10,71 %, tandis que les dépenses totales bondissent à 420,22 milliards FCFA, soit une progression de 97,50 %. Les financements accordés atteignent 314,75 milliards FCFA, en hausse de 153,52 %, dont 83,64 % proviennent defondsds d’État et 16,36 % des fonds nationaux de financement proprement dits.
Le rapport précise que cette forte hausse des dépenses des fonds nationaux s’explique pour l’essentiel par lefondsds d’État, dont les financements accordés ont progressé de 123,06 % en 2025. Les impayés des fonds nationaux de financement s’élèvent par ailleurs à 73,6 milliards FCFA, en hausse de 35,14 %, tandis que le taux de couverture des dettes par la trésorerie de l’ensemble des fonds ressort à 124,57 %.
La session a également permis d’auditionner les rapports d’explication de six nouveaux EPE, tandis que treize EPE de création récente y participaient à titre d’observateurs.
Aller au-delà de l’équilibre des comptes
Réagissant à ces résultats, le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a salué des performances globalement satisfaisantes, tout en rappelant que la véritable performance d’un EPE ne se mesure pas uniquement à l’équilibre de ses comptes « Ces performances financières ne prennent toute leur valeur que lorsqu’elles se traduisent par des services publics de meilleure qualité, des délais réduits, une plus grande satisfaction des usagers et un impact concret sur les conditions de vie des populations », a-t-il ajouté.
Le chef du Gouvernement a appelé à renforcer davantage la discipline budgétaire, l’efficience de la dépense publique et la culture des résultats, dans un contexte marqué par la rareté des ressources face à l’ampleur des besoins. Il s’est par ailleurs réjoui de constater que la quasi-totalité des résolutions et recommandations formulées lors de la précédente session avait été mise en œuvre, et a réaffirmé que cette Assemblée générale demeure le principal cadre de reddition des comptes et d’orientation stratégique des établissements publics.
Rationaliser les dépenses pour plus d’efficacité
Le ministre de l’Économie et des Finances, Dr Aboubakar Nacanabo, a de son côté jugé la performance globalement satisfaisante, relevant la progression des recettes à 518 milliards FCFA, soit une hausse de 9 %, pour une augmentation plus modérée des dépenses
À ses dires, la majorité des EPE, à l’image des hôpitaux ou des universités, remplissent une mission de service public et non de rentabilité, ce qui justifie leur dépendance aux subventions de l’État, l’essentiel étant selon lui une gestion rationnelle de la part des premiers responsables. « Globalement, nous sommes satisfaits des résultats qui ont été présentés et nous pouvons dire que, de façon générale, les actions qui ont été entreprises en termes de réformes sur les trois dernières années ont porté des résultats importants qui sont reflétés dans la situation des EPE », s’est réjoui Dr Aboubakar Nacanabo.
Il a également évoqué la poursuite de la rationalisation du secteur amorcée en 2025, marquée par des fusions et des suppressions d’EPE, mais aussi par la création de nouvelles structures répondant à des besoins émergents. « (…) Nous nous engageons aussi en tant que tutelle de la gestion des EPE, de voir comment nous pouvons les accompagner davantage pour beaucoup plus de performances », a -t-il conclu.
Par Léon Yougbaré


