La raffinerie de Dangote continue de susciter l’intérêt des grands investisseurs internationaux. Des dirigeants de Goldman Sachs ont effectué vendredi une visite du complexe industriel de Dangote Industries Limited à Lagos, donnant un nouveau signal de l’attention portée par les marchés internationaux à l’un des plus grands projets industriels jamais réalisés en Afrique.
La délégation de la banque d’investissement américaine était conduite par Anthony Gutman, co-directeur général de Goldman Sachs International et co-directeur mondial de la banque d’investissement. Elle a visité la raffinerie de pétrole de Dangote, d’une capacité de 700 000 barils par jour, ainsi que les unités de production d’engrais et les infrastructures de soutien du complexe rapporte plusieurs médias nigérians.
À l’issue de la visite, les responsables de Goldman Sachs ont salué l’ampleur et la qualité de l’investissement. « C’est extraordinaire ce que M. Dangote et toute l’organisation ont accompli », ont-ils déclaré, mettant notamment en avant l’ambition, l’échelle du projet et la culture organisationnelle du groupe.
La raffinerie constitue aujourd’hui l’un des principaux actifs industriels du groupe Dangote. Avec une capacité de traitement annoncée de 700 000 barils de pétrole brut par jour, elle doit contribuer à réduire la dépendance du Nigeria aux importations de produits pétroliers raffinés et renforcer les capacités industrielles du pays.
Mais pour Aliko Dangote, le complexe de Lagos ne représente qu’une étape dans une stratégie beaucoup plus vaste.
Le président-directeur général de Dangote Industries a indiqué que le groupe entendait regarder « au-delà de 2030 », avec de nouveaux investissements et acquisitions destinés à poursuivre son expansion.
« Ce n’est que le début », a déclaré le milliardaire nigérian, estimant que les prochaines années devraient être marquées par une nouvelle vague d’investissements et d’opérations de croissance externe.
L’ambition financière affichée par le groupe est à la hauteur de ses investissements industriels. Aliko Dangote affirme que les projections internes soutiennent l’objectif de générer 100 milliards de dollars de chiffre d’affaires annuel à l’horizon 2030.
Le dirigeant assure que cette projection repose sur des hypothèses prudentes. La confiance affichée par les salariés lors du récent placement privé de la raffinerie constitue également, selon lui, un indicateur positif quant aux perspectives du groupe.
Si cet objectif est atteint, Dangote Industries renforcerait considérablement sa position parmi les principaux groupes industriels africains et disposerait de moyens supplémentaires pour accélérer son expansion au-delà du Nigeria.
La présence de Goldman Sachs à Lagos intervient dans un contexte où les grands investisseurs internationaux cherchent à identifier les projets susceptibles de transformer durablement les économies africaines.
La délégation comprenait notamment Adib N. Zouein, co-responsable des ventes régionales des marchés émergents EMEA, Ryad Yousuf, responsable mondial des stratégies et de la structuration des ventes FICC, ainsi que Jimi Adesanya, responsable des ventes en Afrique subsaharienne hors Afrique du Sud.
La visite de la banque américaine témoigne ainsi de l’intérêt porté au modèle industriel développé par Dangote et aux perspectives qu’il pourrait offrir en matière d’investissement, de financement et de développement de nouveaux actifs.
Par Drissa Ouattara


