À quelques jours du lancement de la campagne principale de commercialisation du café-cacao 2026-2027, la Banque nationale d’investissement (BNI) renforce son dispositif de financement. L’institution publique ivoirienne prévoit de mobiliser 300 milliards de FCFA en faveur des acteurs de la chaîne de valeur, soit 16 milliards de FCFA de plus que lors de la campagne précédente. L’annonce a été faite le jeudi 20 août à Abidjan par Youssouf Fadiga, directeur général de la BNI, lors de la huitième édition du « Networking café-cacao », une rencontre organisée par la banque pour rapprocher les acteurs de la filière.
L’enveloppe annoncée par la BNI représente ainsi une progression de 6 % par rapport aux 284 milliards de FCFA mobilisés pour la précédente campagne. Elle doit accompagner les opérateurs alors que la nouvelle campagne commerciale doit s’ouvrir le 1er septembre 2026.
Cette hausse intervient alors que les cours du café et du cacao sont en repli sur les marchés internationaux. Malgré ce repli des cours, évoqué par la direction de la banque, la BNI a donc choisi d’augmenter les moyens consacrés à la filière.
Une partie de cette enveloppe doit servir à répondre aux besoins de financement directement liés à la campagne. La banque prévoit notamment d’accompagner l’achat d’intrants et de répondre aux besoins de trésorerie des opérateurs. Le financement doit également permettre aux entreprises d’acquérir des équipements destinés à améliorer la productivité et la qualité de la transformation.
La BNI veut aussi intervenir dans les infrastructures nécessaires à la conservation des produits. Des investissements dans les équipements de séchage et de stockage sont ainsi prévus afin d’améliorer la valorisation des productions et de limiter les pertes.
L’importance de cet accompagnement tient au poids du café-cacao dans l’économie nationale. Premier producteur mondial de cacao, la Côte d’Ivoire assure près de 45 % de l’offre mondiale. La filière représente entre 15 et 20 % du PIB national et génère environ 40 % des recettes d’exportation. Elle fait également vivre près de 6 millions de personnes, directement ou indirectement.
Dans ce contexte, le relèvement de l’enveloppe de la BNI à 300 milliards de FCFA apparaît comme un levier supplémentaire pour soutenir une filière dont les performances pèsent directement sur l’activité économique, les exportations et les revenus de millions de personnes en Côte d’Ivoire.
Par Bernadette W. Gansonré


