À fin décembre 2025, le nombre d’institutions de microfinance de grande taille de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA) a progressé de huit unités pour atteindre 293, tandis que leur total bilan a augmenté de 2,7 %, pour se situer à 4 661,5 milliards de FCFA. Dans cette dynamique régionale, le Burkina Faso conserve une place importante.
En effet, le paysage de la microfinance burkinabè comptait 50 établissements au 31 décembre 2025, selon les données provisoires de la Commission bancaire de l’UMOA. L’ensemble regroupe 13 sociétés, 2 associations et 35 institutions mutualistes ou coopératives d’épargne et de crédit.
Le poids financier de ces établissements s’est renforcé au cours de l’exercice. Leur total bilan est passé de 750,331 milliards de FCFA en 2024 à 889,418 milliards de FCFA en 2025, soit une progression de 139,087 milliards de FCFA (18,5 %) sur un an.
Avec 19,1 % du total bilan des institutions de microfinance de l’UMOA, le Burkina Faso figure ainsi parmi les principaux acteurs de l’Union, derrière la Côte d’Ivoire et le Sénégal. Cette position traduit l’importance des institutions de microfinance dans le financement de l’économie burkinabè, notamment pour les acteurs qui disposent d’un accès plus limité au système bancaire classique.
Le crédit et les ressources se contractent malgré la croissance du bilan
En 2025, l’encours des crédits des établissements de microfinance burkinabè s’est établi à 272,319 milliards de FCFA, en baisse de 23,9 % par rapport à l’année précédente.
Cette contraction est principalement portée par le recul des financements à court terme. Leur encours s’est établi à 78,652 milliards de FCFA, en diminution de 60,5 %. À l’opposé, les crédits à moyen terme ont progressé de 31,4 %, pour atteindre 122,382 milliards de FCFA. Les financements à long terme ont, eux, représenté 58,516 milliards de FCFA.
La baisse du volume de crédit s’accompagne par ailleurs d’une détérioration de la qualité du portefeuille. Les crédits en souffrance ont atteint 12,765 milliards de FCFA, soit une progression de 10,7 % sur un an.
Du côté des ressources mobilisées auprès de la clientèle, les dépôts se sont établis à 400,196 milliards de FCFA en 2025, soit une baisse globale de 5 %.
La structure de ces ressources montre néanmoins une progression des principales catégories. Les dépôts à vue ont atteint 212,999 milliards de FCFA, en hausse de 21,4 %. Les dépôts à terme ont, pour leur part, progressé de 24,8 %, pour s’établir à 187,197 milliards de FCFA.
Les indicateurs prudentiels restent sous tension
La situation prudentielle demeure cependant un point de vigilance. Le ratio de liquidité s’est établi à 98,3 % en 2025, contre 99,3 % un an plus tôt, alors que le seuil réglementaire est fixé à 100 %.
Le ratio de limitation des risques ressort à 101 %, loin du minimum réglementaire de 200 %. Le ratio de couverture des engagements s’établit, pour sa part, à 85,8 %, contre une norme minimale de 100 %.
Les revenus financiers progressent malgré le repli du crédit
Malgré le recul de l’activité de crédit, les établissements de microfinance ont amélioré leurs performances financières en 2025. Les produits tirés des opérations de trésorerie et interbancaires ont progressé de 13,6 %, pour atteindre 12,793 milliards de FCFA. Les opérations avec la clientèle ont, quant à elles, généré 66,891 milliards de FCFA de produits.
Les revenus issus des opérations sur titres et des opérations diverses ont également fortement augmenté, atteignant 1,496 milliard de FCFA, soit une progression de 260,5 % sur un an.
Cette dynamique s’est accompagnée d’une baisse du coût des ressources. Les charges financières ont diminué de 17,1 %, à 14,580 milliards de FCFA, tandis que les charges liées aux opérations avec la clientèle se sont établies à 7,515 milliards de FCFA.
L’évolution favorable des produits et la baisse des charges financières ont ainsi permis au produit net financier de progresser de 16,7 %, pour atteindre 68,432 milliards de FCFA.
Cette dynamique s’est finalement traduite dans les résultats. Le résultat net des établissements de microfinance burkinabè a connu une croissance exceptionnelle en 2025, pour atteindre 11,26 milliards de FCFA, contre 2,22 milliards de FCFA en 2024, soit une hausse de 406,7 % en un an. Par ailleurs, les établissements ont contribué aux recettes publiques à hauteur de 1,324 milliard de FCFA au titre de l’impôt sur les bénéfices.
Au terme de 2025, la microfinance burkinabè affiche une dynamique globalement positive. La progression de 18,5 % du total bilan confirme le renforcement du secteur, tandis que le produit net financier a augmenté de 16,7 % et que le résultat net a atteint 11,26 milliards de FCFA.
Par Bernadette W. Gansonré



