Le secteur bancaire malien a fortement amélioré sa rentabilité en 2025, malgré une progression limitée des crédits à la clientèle. Selon les données du rapport 2025 de la Commission bancaire de l’UMOA, le résultat net cumulé des établissements de crédit du Mali a atteint 134,17 milliards de francs CFA, en hausse de 96,1 % sur un an.
Cette performance intervient dans un secteur qui comptait, à fin 2025, 17 établissements de crédit, dont 14 banques. Le nombre de comptes de la clientèle s’est établi à 2,4 millions, soit 96 846 comptes supplémentaires sur un an.
Le réseau bancaire est, pour sa part, resté quasiment stable. Le Mali comptait 463 agences et bureaux à fin 2025, soit une seule implantation supplémentaire sur la période.
Le capital cumulé des établissements de crédit maliens s’est établi à 407,5 milliards de francs CFA en 2025, en progression de 15,3 % sur un an. Les investisseurs non nationaux détiennent la majorité de ce capital, avec 250,76 milliards de FCFA, soit environ 61,5 % du total.
Le secteur privé national en détient 43,44 milliards de FCFA, tandis que l’État malien contrôle 113,3 milliards de FCFA, soit près de 27,8 % du capital.
Le total bilan dépasse 9 000 milliards de FCFA
Les établissements de crédit maliens ont porté leur total bilan à 9 076,17 milliards de FCFA en 2025, en hausse de 15 % sur un an. Les capitaux propres et ressources assimilées ont également progressé de 13,5 %, pour atteindre 864,36 milliards de FCFA.
Le classement des établissements par total bilan reste dominé par les banques à capitaux publics. La Banque malienne de solidarité (BMS) occupe la première place avec un bilan de 2 035,86 milliards de FCFA.
Elle est suivie par la Banque de développement du Mali (BDM), avec 1 724,37 milliards de FCFA. La Banque nationale de développement agricole (BNDA), avec 1 047 milliards de FCFA de total bilan, ferme la marche du trio de tête.
Ecobank Mali arrive en quatrième position avec 697,68 milliards de FCFA, devant BOA-Mali, à 594,76 milliards de FCFA, et AFG Bank Mali, à 502,65 milliards de FCFA.
Le top 10 est complété par la Banque internationale pour le Mali (BIM), avec 417,84 milliards de FCFA, Coris Bank International Mali, avec 408,64 milliards de FCFA, la Banque pour le Commerce et l’Industrie du Mali (BCI), avec 401,63 milliards de FCFA, et la Banque Sahélo-Saharienne pour l’Investissement et le Commerce (BSIC Mali), avec 339,26 milliards de FCFA.
Les dépôts progressent fortement, les crédits stagnent
L’évolution de l’activité commerciale fait apparaître un contraste marqué entre les ressources collectées et les financements distribués. Les crédits à la clientèle se sont établis à 3 874,86 milliards de FCFA, en hausse de seulement 0,9 %.
À l’inverse, les dépôts de la clientèle ont fortement progressé, atteignant 5 748,92 milliards de FCFA, soit une hausse de 20,9 %.
Les établissements de crédit ont enregistré une forte progression de leurs produits bancaires en 2025. Ceux-ci ont atteint 1 355,5 milliards de FCFA, en hausse de 30,8 %.
Cette évolution est principalement portée par les produits sur opérations de change, qui constituent la première composante avec 742,5 milliards de FCFA, en progression notable de 60,9 %.
Les produits sur opérations avec la clientèle se sont, pour leur part, établis à 356,8 milliards de FCFA, en légère baisse de 1,3 %. Les produits sur opérations sur titres et opérations diverses ont atteint 202,46 milliards de FCFA, en hausse de 25,3 %.
Malgré la forte progression des produits bancaires, le produit net bancaire (PNB) n’a augmenté que de 5,4 %, à 426,93 milliards de FCFA. Les frais généraux ont progressé moins rapidement, de 4,1 %, à 255,42 milliards de FCFA.
Une rentabilité en forte progression
Le résultat net constitue le principal point fort des performances bancaires maliennes en 2025. À 134,17 milliards de FCFA, il a quasiment doublé en un an, avec une progression de 96,1 %.
Cette amélioration se reflète dans les principaux indicateurs de rentabilité. Le coefficient de rentabilité s’est établi à 15,5 %, en hausse de 6,5 points. Le taux de rentabilité des actifs a également progressé de 0,6 point, à 1,5 %.
Le coefficient net d’exploitation s’est, quant à lui, légèrement amélioré, passant à 65,7 %, soit un recul de 0,6 point. Cette évolution traduit une amélioration modérée de l’efficacité opérationnelle, les charges progressant moins rapidement que le PNB.
Les indicateurs prudentiels font également ressortir une situation confortable en matière de levier et de liquidité. Le ratio de levier s’est établi à 7,6 %, largement au-dessus de la norme réglementaire de 3 %.
Quant au coefficient de liquidité, il atteint 128,4 %, en progression de 31,6 points sur un an et nettement supérieur à la norme de 75 %. Les banques maliennes abordent ainsi 2026 avec une position de liquidité renforcée et une rentabilité en nette amélioration.
Par David Yaméogo



