Mobilité urbaine : Uber quitte le Nigeria et l’Ouganda

Uber annonce l’arrêt de ses activités au Nigeria et en Ouganda à compter du 2 septembre, dans le cadre d’un vaste plan mondial de restructuration. Le géant américain de la mobilité prévoit parallèlement de supprimer environ 3 300 postes, soit près de 10 % de ses effectifs, afin de réduire ses coûts et de réorienter ses investissements vers l’innovation et notamment la mobilité autonome.

Le retrait du Nigeria et de l’Ouganda constitue une décision ciblée dans la stratégie africaine d’Uber. L’entreprise affirme toutefois maintenir son engagement en Afrique subsaharienne et précise que cette décision n’aura pas d’incidence sur ses opérations dans les autres pays du continent.

Uber explique cette réorientation par l’évolution de ses priorités commerciales et de ses choix d’investissement. L’objectif est de concentrer davantage les ressources du groupe sur les marchés et activités présentant, selon l’entreprise, les perspectives de croissance les plus importantes.

Cette annonce intervient dans le cadre d’une restructuration mondiale qui prévoit la suppression d’environ 3 300 emplois sur un effectif d’environ 34 000 personnes. Il s’agit de la réduction d’effectifs la plus importante annoncée par Uber depuis la pandémie de Covid-19.

Selon le directeur général d’Uber, Dara Khosrowshahi, la forte expansion enregistrée par l’entreprise au cours des cinq dernières années a entraîné la multiplication des niveaux hiérarchiques, une répartition fragmentée des responsabilités et une complexité organisationnelle ayant ralenti les processus de décision.

Le groupe prévoit ainsi de réduire de 20 % le nombre de salariés situés sept niveaux hiérarchiques ou davantage sous la direction générale. Le nombre d’équipes comptant seulement un ou deux collaborateurs directement rattachés à leur responsable devrait également être réduit de près de moitié. Uber entend par ailleurs limiter fortement les postes entièrement à distance, qui ne représenteraient plus qu’environ 1 % de ses effectifs.

Les économies dégagées doivent être réorientées vers les activités jugées stratégiques pour la prochaine phase de développement du groupe. Parmi elles figurent notamment le covoiturage, la livraison et surtout la mobilité autonome.

La conduite autonome apparaît désormais comme l’un des principaux axes d’investissement d’Uber. L’entreprise prévoit de consacrer plus de 10 milliards de dollars aux robotaxis au cours des prochaines années, en soutenant des sociétés spécialisées dans les technologies de conduite autonome et en positionnant sa plateforme comme un intermédiaire entre les utilisateurs et les services de transport sans conducteur.

Cette stratégie intervient alors que la concurrence s’intensifie sur le marché de la mobilité autonome. Waymo développe notamment ses services de robotaxis aux États-Unis, tandis que Tesla renforce également ses ambitions dans le transport autonome.

Pour Uber, cette transformation représente à la fois une opportunité et un risque. Son modèle historique repose sur la mise en relation de passagers avec des chauffeurs. La généralisation des véhicules autonomes pourrait donc réduire progressivement le rôle du réseau de conducteurs et modifier profondément l’économie du transport à la demande.

Le groupe cherche ainsi à anticiper cette évolution en faisant de sa plateforme un acteur majeur de la distribution de trajets autonomes. L’objectif est de ne pas subir la transition technologique, mais de se positionner comme l’une des plateformes susceptibles d’en tirer profit.

Au Nigeria, le retrait d’Uber constitue un changement important pour le secteur du transport à la demande. Le pays représente l’un des principaux marchés africains du covoiturage et compte parmi les marchés importants pour les plateformes numériques de mobilité.

La décision pourrait donc modifier l’équilibre concurrentiel du secteur et avoir des répercussions pour les chauffeurs et les utilisateurs qui recouraient à la plateforme depuis son lancement dans le pays.

Elle intervient par ailleurs dans un contexte de tensions récentes entre Uber et la Federal Airports Authority of Nigeria (FAAN) concernant les opérations dans les aéroports. En août, l’autorité avait indiqué ne pas avoir interdit totalement les activités d’Uber et précisé que des discussions se poursuivaient avec les opérateurs de services de mobilité à la demande sur des questions liées notamment à la sécurité, à la responsabilité et aux modalités de prise en charge des passagers.

Uber n’a toutefois pas présenté ce différend comme la cause de son départ du Nigeria. Le conflit avec la FAAN constitue donc un élément du contexte opérationnel récent, mais ne peut pas être présenté comme la raison officielle du retrait.

Par Drissa Ouattara

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