En août 2026, l’inflation annuelle ghanéenne est remontée à 5,0 %, contre 4,6 % en juillet, soit une hausse de 0,4 point en un mois. Cette hausse montre que le ralentissement des prix alimentaires ne suffit plus à contenir l’inflation.
Dans le détail, l’inflation alimentaire a pourtant poursuivi son ralentissement. Elle est passée de 3,1 % en juillet à 3,0 % en août. Cette évolution s’explique notamment par le recul des prix de plusieurs produits, dont le maïs, en baisse de 31,3 %, et le citron vert, qui a diminué de 33,7 %. D’autres produits ont toutefois connu des hausses importantes. Les prix des tomates fraîches ont notamment bondi de 458,3 %, ceux du gingembre de 128,3 %, des crevettes de 67,1 % et des mangues de 57,7 %.
Malgré cette modération de l’alimentaire, la pression s’est renforcée sur les autres composantes du panier de consommation. L’inflation hors produits alimentaires a atteint 6,8 % en août, contre 6,7 % un mois plus tôt. Elle représente désormais 70,9 % de l’inflation totale, contre 29,1 % pour l’alimentation et les boissons non alcoolisées.
Cette évolution est notamment portée par plusieurs postes de dépenses essentiels. Le transport affiche une inflation de 10,5 %, tandis que le logement, l’eau, l’électricité, le gaz et les autres combustibles enregistrent une hausse de 10,2 %. Les vêtements et chaussures progressent de 8,0 %, alors que l’éducation affiche une inflation de 6,6 %.
Les services restent également sous pression. Leur inflation est passée de 8,5 % en juillet à 8,6 % en août. Celle des biens a, pour sa part, progressé de 3,6 % à 3,8 %. La hausse des prix ne repose donc plus principalement sur les produits alimentaires, mais davantage sur les coûts associés aux services et aux dépenses courantes des ménages.
Du côté de la provenance, la pression sur les prix reste principalement liée aux produits et services locaux. Leur inflation est passée de 5,9 % en juillet à 6,1 % en août, tandis que celle des produits importés n’a que légèrement progressé, de 2,1 % à 2,2 %.
Les produits et services locaux représentent ainsi 86,2 % de l’inflation totale. La hausse des prix provient donc surtout de l’économie domestique, notamment du transport, du logement, de l’énergie et des services. À l’inverse, la progression limitée de l’inflation importée montre que les pressions provenant de l’extérieur restent relativement contenues.
Par ailleurs, les écarts restent importants entre les régions. Le Centre affiche le taux d’inflation le plus élevé du pays, à 11,1 %, soit plus du double de la moyenne nationale. Il est suivi par Ashanti, avec 8,7 %.
Le Grand Accra se situe à 5,0 %, au même niveau que la moyenne nationale. À l’inverse, les taux les plus faibles sont enregistrés dans le Bono Est, à 3,3 %, suivi de la Volta, à 3,6 %, et du Haut-Est, à 3,7 %. Ces différences montrent que l’évolution des prix reste très variable selon les territoires.
Malgré la remontée enregistrée en août, le niveau général des prix reste inférieur à celui observé un an plus tôt. L’inflation annuelle atteignait alors 5,5 %, soit 0,5 point de plus qu’en août 2026. La situation reste donc globalement plus favorable qu’en 2025, même si la tendance récente marque un ralentissement du processus de désinflation.
Par Bernadette W. Gansonré


