La fintech Nomba, basée à Lagos, a obtenu une facilité de dette de 3 millions de dollars auprès de CardinalStone Finance Company Limited afin d’accélérer le développement de son infrastructure de paiements transfrontaliers en Afrique.
L’entreprise a annoncé cette opération dans un communiqué publié le jeudi 03 septembre 2026. Selon Nomba, cette nouvelle ligne de financement doit notamment soutenir l’expansion de ses activités au-delà de la République démocratique du Congo (RDC), avec l’ambition de traiter plus d’un milliard de dollars de paiements transfrontaliers chaque mois.
Cette facilité permettra à la fintech de disposer de liquidités supplémentaires en dollars américains, mobilisables à travers ses relations bancaires à Hong Kong et à Singapour. Nomba entend ainsi renforcer le rôle de ses opérations en RDC comme plateforme de règlement des échanges commerciaux entre l’Afrique centrale et les marchés asiatiques.
Pour Yinka Adewale, PDG de Nomba, ce financement offre à l’entreprise une capacité supplémentaire pour acheminer davantage de liquidités à travers de nouveaux corridors commerciaux et réduire les délais de règlement. « Les entreprises africaines commercent davantage avec le reste du monde chaque année, mais l’infrastructure nécessaire pour soutenir ce commerce est encore en train de rattraper son retard », a-t-il déclaré. Selon lui, cette facilité doit permettre à Nomba de disposer de davantage de liquidités, d’ouvrir de nouveaux corridors et d’accélérer les règlements, tout en renforçant la confiance des partenaires dans son infrastructure financière.
La fintech prévoit par ailleurs de poursuivre son expansion au cours de l’année, avec l’ouverture de nouveaux marchés africains et le renforcement des connexions de paiement entre le continent et ses principaux partenaires commerciaux en Asie.
Du côté de CardinalStone Finance, l’opération traduit à la fois la confiance dans le potentiel des paiements transfrontaliers et dans le positionnement de Nomba sur ce marché. Ayoola Adeola, directrice générale de CardinalStone Finance, estime que l’infrastructure financière développée par la fintech peut contribuer à connecter davantage les entreprises africaines aux marchés internationaux. « Cette transaction reflète notre confiance dans les opportunités de croissance offertes par les paiements transfrontaliers », a-t-elle indiqué, soulignant le rôle de la facilité de 3 millions de dollars dans le développement des capacités de Nomba sur les principaux corridors commerciaux entre l’Afrique et l’Asie.
Pour Nomba, l’enjeu dépasse toutefois le seul financement de sa croissance. La fintech estime que le commerce transfrontalier constitue l’un des segments les plus dynamiques de l’économie africaine, alors que les infrastructures de paiement restent confrontées à plusieurs contraintes, notamment les fonds bloqués, l’accès parfois difficile aux devises et des délais de règlement pouvant atteindre plusieurs jours.
Au cours des 18 derniers mois, Nomba affirme avoir développé une infrastructure combinant les réseaux bancaires, l’accès aux paiements internationaux et une connaissance des marchés locaux afin de faciliter les transferts de fonds entre les différents marchés. L’objectif est de permettre aux entreprises africaines d’effectuer des paiements internationaux avec une fluidité comparable à celle des transactions domestiques.
La République démocratique du Congo constitue actuellement l’un des points d’appui de cette stratégie. Nomba souhaite utiliser ses opérations dans le pays comme un pont vers l’Afrique centrale et orientale, avec la Zambie et l’Ouganda identifiés parmi ses prochains marchés d’expansion.
La fintech prépare également une nouvelle levée de fonds comprise entre 20 et 50 millions de dollars au cours des prochains mois. Ces ressources devraient permettre de financer une nouvelle phase de croissance de son infrastructure dédiée aux paiements transfrontaliers.
Cette opération intervient après plusieurs années d’expansion pour Nomba. En 2023, l’entreprise avait levé 30 millions de dollars lors d’un tour de financement pré-Série B conduit par Base10 Partners, avec la participation notamment de Helios Digital Ventures, Shopify, Partech et Khosla Ventures. Les fonds devaient alors soutenir le développement de ses solutions de paiement destinées aux entreprises au Nigeria et dans d’autres marchés africains.
La fintech a également renforcé ses relations avec les établissements financiers traditionnels. En octobre 2025, elle avait notamment mis en avant sa collaboration avec Globus Bank, illustrant le rapprochement croissant entre les fintechs et les institutions bancaires dans le développement des services financiers numériques.
Par Amhed Coulibaly


