La Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (BVMAC) a enregistré une progression de ses revenus en 2025, tout en clôturant l’exercice sur un déficit net de 454,5 millions FCFA. Au 31 décembre 2025, les revenus globaux de la place boursière régionale se sont établis à 1,01 milliard FCFA, contre 955,7 millions FCFA en 2024, soit une hausse de 5,1 %.
Cette évolution est notamment liée à l’admission à la cote de quatre nouvelles émissions obligataires au cours de l’exercice. Il s’agit des emprunts de l’État du Gabon, pour 80 milliards FCFA, d’ACEP Cameroun, pour 5 milliards FCFA, d’ALIOS FINANCE, pour 9 milliards FCFA, et de la Société nationale des pétroles du Congo (SNPC), pour 32 milliards FCFA.
Ces quatre opérations ont ainsi contribué à l’activité du marché financier régional au cours de l’exercice 2025. Le total du bilan de la BVMAC a, pour sa part, atteint 8,11 milliards FCFA, en progression de 10,88 % sur un an.
Le chiffre d’affaires progresse de 5,8 %
Sur le plan comptable, le chiffre d’affaires de la BVMAC s’est élevé à 927,3 millions FCFA en 2025, contre 876,0 millions FCFA en 2024, soit une progression de 5,8 %. Cette hausse est principalement portée par les commissions de capitalisation sur les encours de dettes, qui ont généré 578,6 millions FCFA, en augmentation de 18,7 % sur un an.
Sur les cinq dernières années, l’évolution du chiffre d’affaires fait apparaître des variations importantes. Il est passé de 855 millions FCFA en 2021 à 592,5 millions FCFA en 2022, avant de remonter à 891,7 millions FCFA en 2023, puis à 876,1 millions FCFA en 2024 et à 927,3 millions FCFA en 2025.
En outre, la progression des revenus s’est accompagnée d’une hausse plus importante des charges. À la clôture de l’exercice 2025, les charges de fonctionnement et d’exploitation de la BVMAC se sont établies à 1,33 milliard FCFA, contre 1,13 milliard FCFA en 2024. Elles ont ainsi augmenté de 205,3 millions FCFA, soit 18,2 % sur un an.
Cette évolution s’est répercutée sur les principaux soldes intermédiaires de gestion. La valeur ajoutée s’est établie à 395 millions FCFA, contre 433,6 millions FCFA en 2024, soit une baisse de 8,9 %. L’excédent brut d’exploitation (EBE) ressort déficitaire à 394,5 millions FCFA, contre 221,5 millions FCFA un an auparavant.
Le déficit opérationnel s’est également accentué, avec un résultat d’exploitation déficitaire de 468,9 millions FCFA, contre 372,2 millions FCFA en 2024. Le résultat financier reste positif, mais recule fortement. Il s’établit à 13,3 millions FCFA, contre 50 millions FCFA en 2024, soit une chute de 73,4 %.
Le déficit se creuse davantage
Au terme de l’exercice 2025, la BVMAC affiche ainsi un résultat net déficitaire de 454,5 millions FCFA, contre un déficit de 322,2 millions FCFA au 31 décembre 2024. L’évolution du résultat net sur les cinq dernières années traduit une situation fluctuante.
Après un déficit de 237 millions FCFA en 2021, puis de 557,8 millions FCFA en 2022, la BVMAC avait renoué avec un résultat positif de 8,6 millions FCFA en 2023. Le résultat net est ensuite redevenu déficitaire en 2024, à 322,2 millions FCFA, avant de se détériorer davantage en 2025.
Selon les éléments communiqués par la BVMAC, le déficit de 2025 s’explique notamment par la faiblesse des activités sur les compartiments Actions et Obligations, particulièrement sur le compartiment Actions. La Bourse évoque également le non-aboutissement du projet de création d’un Dépositaire central unifié privé pour la CEMAC (DCU-CEMAC), ainsi que les difficultés de mobilisation des créances clients liées notamment aux impayés des États membres dont les titres sont cotés à la BVMAC.
Le déficit de l’exercice a néanmoins été atténué par le plan d’économies mis en œuvre au cours de l’année, ainsi que par l’activité soutenue de l’État du Gabon sur le marché financier régional.
Par Léon Yougbaré


