Zimbabwe : les chemins de fer négocient un financement de 115 millions de dollars avec Afreximbank

Les Chemins de fer nationaux du Zimbabwe (NRZ) négocient un financement de 115 millions de dollars auprès d’Afreximbank pour renforcer leur capacité de transport de fret. L’opération prévoit l’acquisition de 10 locomotives et 315 wagons, ainsi que la réhabilitation de certaines sections du réseau ferroviaire, dans un contexte marqué par des années de sous-investissement.

Les Chemins de fer nationaux du Zimbabwe (NRZ), entreprise publique, négocient un financement de 115 millions de dollars auprès de la Banque africaine d’import-export (Afreximbank) afin de moderniser leurs équipements et de renforcer leurs capacités opérationnelles. Selon John Mangudya, directeur général du fonds souverain zimbabwéen Mutapa Investments, qui supervise désormais la NRZ, les ressources permettraient notamment d’acquérir 10 locomotives et 315 wagons.

Une partie du financement serait également consacrée à la réparation de certaines sections de l’infrastructure ferroviaire. Cette opération intervient alors que l’exploitant cherche à rétablir ses capacités de transport après plusieurs années d’investissements limités dans le matériel roulant et le réseau.

La NRZ collabore parallèlement avec des partenaires du secteur privé afin de reconstruire ses volumes de fret et de renforcer le rôle du rail dans le système logistique zimbabwéen. La compagnie a récemment mis en service trois locomotives et 100 wagons remis à neuf dans le cadre d’un partenariat avec Zimasco, entreprise zimbabwéenne spécialisée dans le ferrochrome et détenue par le groupe chinois Sinosteel.

Ces investissements répondent au recul marqué des performances de la NRZ. Son volume annuel de fret est passé d’un pic d’environ 12 millions de tonnes dans les années 1990 à seulement 2 millions de tonnes en 2025. Cette baisse s’explique notamment par les contraintes opérationnelles et le sous-investissement dans les infrastructures et les équipements ferroviaires.

Le recul des capacités du rail a renforcé la dépendance du Zimbabwe au transport routier pour l’acheminement des minéraux et d’autres marchandises en vrac. Cette situation accentue la pression sur les coûts logistiques ainsi que sur les infrastructures routières du pays.

Le secteur minier, notamment celui du lithium, constitue aujourd’hui un moteur potentiel pour la relance du fret ferroviaire. Le 21 juillet, la NRZ a annoncé le lancement du transport de concentré de lithium par rail vers le port de Maputo, au Mozambique, en partenariat avec des opérateurs privés.

Cette initiative offre aux entreprises minières une alternative au transport routier, qui assure actuellement une grande partie de l’acheminement des minéraux zimbabwéens vers les ports d’exportation. Le développement du rail pourrait contribuer à réduire les coûts de transport des marchandises en vrac et à améliorer la connexion du Zimbabwe aux corridors commerciaux régionaux.

John Mangudya estime toutefois que la modernisation complète de la NRZ nécessiterait environ 600 millions de dollars d’investissement. Ce montant couvre les besoins liés au renouvellement du matériel roulant et à la réhabilitation du réseau ferroviaire.

Le financement envisagé de 115 millions de dollars auprès d’Afreximbank constituerait ainsi une première opération de soutien à la reconstruction des capacités de l’exploitant ferroviaire. Des ressources supplémentaires seraient nécessaires pour mener à bien la modernisation de l’ensemble du réseau.

Par Amhed Coulibaly

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Inscription à notre Newsletter

Sur le même sujet