TotalEnergies renforce sa stratégie de valorisation de ses infrastructures énergétiques en Afrique. Le groupe français a conclu un accord avec Global Infrastructure Partners (GIP), plateforme d’investissement dans les infrastructures détenue par BlackRock, portant sur une contribution en capital de 1,8 milliard de dollars , destinée à un portefeuille d’actifs liés à ses développements pétroliers et gaziers sur le continent.
Dans le cadre de cette opération, GIP apportera le capital initial en contrepartie de paiements tarifaires indexés sur les volumes de trafic générés par les infrastructures concernées, sur une période pouvant atteindre 15 ans. TotalEnergies n’a toutefois pas précisé la nature ni la localisation exacte des actifs couverts par la transaction.
L’opération permet ainsi au groupe français de mobiliser immédiatement des capitaux adossés à ses infrastructures tout en conservant une exposition opérationnelle à ces actifs. De son côté, GIP pourra bénéficier de revenus récurrents sur le long terme, liés à l’utilisation des infrastructures financées.
« Nous sommes heureux de renforcer notre relation avec GIP grâce à cet accord d’infrastructure qui cristallise la valeur de certains de nos actifs d’infrastructure intermédiaires en Afrique », a déclaré Jean-Pierre Sbraire, directeur financier de TotalEnergies.
Cette transaction intervient alors que TotalEnergies poursuit une politique d’investissement importante sur le continent africain, notamment dans l’exploration et la production d’hydrocarbures, mais également dans les infrastructures nécessaires à leur transport et à leur commercialisation. Le groupe est notamment engagé dans plusieurs projets structurants en Afrique, dont le développement pétrolier en Ouganda et la construction d’un oléoduc destiné à acheminer le brut ougandais vers la côte tanzanienne pour son exportation.
Connu sous le nom d’East African Crude Oil Pipeline (EACOP), ce projet constitue l’un des principaux investissements pétroliers en cours en Afrique de l’Est. Son développement s’inscrit dans un ensemble pétrolier évalué à environ 5,6 milliards de dollars. Le pipeline doit relier les zones de production situées en Ouganda au port de Tanga, en Tanzanie, sur l’océan Indien.
EACOP demeure toutefois au centre de fortes contestations de la part d’organisations environnementales, qui dénoncent notamment ses conséquences potentielles sur les populations et les écosystèmes traversés et ont fait campagne contre son financement par les institutions financières. Malgré ces oppositions, plusieurs établissements ont annoncé leur participation au financement du projet.
La Banque africaine d’exportation-importation (Afreximbank), Standard Bank d’Afrique du Sud, Stanbic Bank Uganda, KCB Bank Uganda et la Société islamique pour le développement du secteur privé ont notamment conclu un accord portant sur le financement d’une première tranche du pipeline. À l’inverse, Standard Chartered, qui figure parmi les acteurs internationaux actifs dans le financement des infrastructures africaines, a indiqué ne pas participer au financement d’EACOP.
L’accord conclu entre TotalEnergies et GIP illustre ainsi une évolution des mécanismes de financement des infrastructures énergétiques. Plutôt que de reposer uniquement sur l’endettement classique ou sur des apports directs en fonds propres, ce type de montage permet aux entreprises énergétiques de monétiser une partie de la valeur future de leurs infrastructures en échange de capitaux immédiats.
Par Drissa Ouattara


