La Ghana Card, la carte nationale d’identité du Ghana, pourrait bientôt évoluer vers un nouvel usage, avec l’intégration d’une fonctionnalité de portefeuille électronique destinée à faciliter les paiements et l’accès aux services financiers. L’Autorité nationale d’identification (NIA) travaille actuellement à la mise en place de ce dispositif qui permettrait aux titulaires de la carte de relier leurs comptes bancaires et d’y charger des soldes d’argent mobile.
Le projet a été révélé par Wisdom Kwaku Deku, secrétaire exécutif de la NIA, qui a précisé que son déploiement devrait s’effectuer progressivement, au fur et à mesure de l’avancement des consultations avec les principales parties prenantes, notamment la Banque du Ghana. Le responsable indique que les discussions ont désormais atteint un stade avancé, laissant entrevoir une mise en œuvre prochaine du dispositif.
Si elle est effectivement déployée, cette fonctionnalité constituerait le troisième profil de la Ghana Card, après la fonction d’identification numérique et celle liée à l’e-passeport, opérationnelle depuis 2022. La carte nationale pourrait ainsi dépasser son rôle traditionnel de document d’identification pour devenir un instrument facilitant l’accès aux services financiers.
Dans le cadre du système envisagé, les titulaires de la Ghana Card pourraient utiliser leur carte comme moyen d’authentification pour effectuer ou recevoir des paiements. L’objectif serait notamment de rapprocher les infrastructures de paiement bancaire et les services de monnaie mobile de l’identité numérique nationale.
Cette évolution intervient alors que le Ghana poursuit ses efforts en faveur de l’inclusion financière et de la digitalisation des paiements. En donnant accès à certains services financiers à partir d’une identité nationale déjà largement répandue, le dispositif pourrait notamment concerner les personnes qui ne disposent pas de cartes bancaires classiques ou qui entretiennent des relations limitées avec les établissements financiers.
La sécurité constitue toutefois un enjeu central du projet. Selon la NIA, le portefeuille électronique devrait être protégé par les données biométriques des utilisateurs ainsi que par un numéro d’identification personnel (PIN). Cette combinaison vise à renforcer l’authentification des utilisateurs et à limiter les risques de fraude, alors que la Ghana Card serait appelée à jouer un rôle directement lié aux transactions financières.
L’ampleur du programme d’identification nationale donne également au projet un potentiel important. Plus de 20 millions de Ghanéens auraient déjà été enregistrés pour la Ghana Card. L’intégration d’un portefeuille électronique à un document détenu par une part importante de la population pourrait donc élargir l’accès aux services financiers numériques et réduire certaines barrières auxquelles sont confrontées les populations non bancarisées ou insuffisamment desservies.
Par Drissa Ouattara


