Nigeria : la Banque Centrale abaisse son taux directeur à 23 %, sa plus forte baisse depuis près de vingt ans

La Banque centrale du Nigeria (CBN) a opéré un virage majeur dans sa politique monétaire. À l’issue de la 307e réunion de son Comité de politique monétaire (MPC), tenue le mardi 22 septembre 2026, l’institution a décidé de ramener son taux directeur, le Monetary Policy Rate (MPR), de 26,5 % à 23 %. Cette réduction de 350 points de base constitue la plus importante baisse du taux directeur enregistrée par la banque centrale depuis près de vingt ans.

Cette décision intervient dans un contexte de ralentissement des pressions inflationnistes au Nigeria. L’inflation en glissement annuel s’est établie à 15,39 % en août 2026, poursuivant une tendance à la baisse observée au cours des derniers mois. Cette évolution a ouvert davantage d’espace à la CBN pour assouplir ses conditions monétaires, après une période prolongée de resserrement destinée à contenir les tensions sur les prix et à stabiliser l’environnement monétaire.

Le mouvement marque ainsi un changement significatif de cap pour la banque centrale dirigée par Olayemi Cardoso. Après plusieurs hausses de taux destinées à lutter contre l’inflation, la CBN dispose désormais d’une marge de manœuvre plus importante pour soutenir les conditions de financement de l’économie. La banque centrale avait déjà abaissé son taux directeur en septembre 2025, avant de procéder à un nouvel ajustement qui l’avait porté à 26,5 %.

À 23 %, le MPR retrouve un niveau proche de celui observé au début de 2024, avant le déclenchement d’une série de relèvements destinés à répondre à l’accélération de l’inflation et aux tensions sur les conditions monétaires. La CBN avait notamment adopté une orientation fortement restrictive dans le cadre de sa stratégie visant à restaurer la stabilité des prix et à renforcer la crédibilité de sa politique monétaire.

La baisse annoncée pourrait avoir des effets sur les conditions de financement dans la première économie africaine. Une diminution du taux directeur peut notamment contribuer à réduire, à terme, le coût des ressources pour les banques et à favoriser une détente des taux appliqués aux entreprises et aux ménages. La transmission à l’économie réelle dépendra toutefois de la manière dont les établissements financiers répercuteront cette décision sur leurs conditions de crédit.

Pour la CBN, l’enjeu consiste désormais à maintenir l’équilibre entre le soutien à l’activité économique et la consolidation des progrès réalisés sur le front de l’inflation. L’institution poursuit, sous le gouverneur Olayemi Cardoso, la mise en œuvre progressive d’un cadre de ciblage de l’inflation destiné à renforcer l’ancrage des anticipations et la stabilité des prix.

Par Drissa Ouattara

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