Le groupe Dangote poursuit son expansion dans l’industrie énergétique africaine. Aliko Dangote, considéré comme la personne la plus riche d’Afrique, prévoit de mobiliser une partie de l’équipe d’ingénierie ayant participé à la réalisation de sa raffinerie de Lagos au Nigeria pour un nouveau projet de raffinerie et de complexe pétrochimique au Kenya.
D’un coût global estimé à environ 17 milliards de dollars, le projet doit être développé à Lamu, sur la côte kényane, avec une capacité envisagée de 700 000 barils de pétrole brut par jour. Selon les informations communiquées dans le cadre du contrat, les travaux de construction doivent démarrer au cours de ce mois.
Pour accompagner le développement de cette infrastructure, Engineers India Ltd. (EIL), société d’ingénierie majoritairement détenue par le gouvernement indien, a obtenu un contrat de 450 millions de dollars auprès du groupe Dangote. L’accord, annoncé dans un dépôt réglementaire auprès de la Bourse de Mumbai, confie à EIL des missions de conseil en gestion de projet ainsi que de gestion de l’ingénierie, des achats et de la construction.
Le mandat couvre notamment la planification du projet, les études d’ingénierie, les achats, la gestion de la construction et la coordination des différents entrepreneurs. EIL devra également assurer le suivi des coûts, des délais, de la qualité et des normes de sécurité pendant la réalisation du projet.
Le montant de 450 millions de dollars ne correspond toutefois pas au coût de construction de la raffinerie. Il s’agit de la valeur du contrat attribué à Engineers India pour ses prestations de conseil, d’ingénierie et de gestion de projet. L’investissement global prévu pour le complexe de Lamu est, lui, estimé à environ 17 milliards de dollars.
Cette opération prolonge la relation entre Engineers India et le groupe Dangote. La société indienne avait déjà joué un rôle dans la réalisation de la raffinerie et du complexe pétrochimique de Dangote à Lekki, au Nigeria, d’une capacité de 650 000 barils par jour. Cette infrastructure est désormais opérationnelle et constitue l’un des principaux actifs industriels du groupe nigérian.
EIL est également impliquée dans le projet d’extension de la capacité de la raffinerie de Lagos, qui doit, à terme, passer à 1,4 million de barils par jour. Cette mission fait l’objet d’un mandat distinct d’ingénierie et de gestion de projet.
La collaboration entre les deux groupes s’étend par ailleurs à d’autres infrastructures industrielles de Dangote au Nigeria, notamment une usine d’engrais composée de quatre unités de production.
Avec le projet de Lamu, le groupe Dangote entend ainsi reproduire à une nouvelle échelle son modèle d’investissement dans les infrastructures énergétiques et pétrochimiques. Pour le Kenya, la réalisation d’une raffinerie de cette capacité constituerait également un projet industriel majeur, susceptible de modifier les capacités de transformation et d’approvisionnement du marché pétrolier régional.
Par Amhed Coulibaly


