Ghana : la dette publique atteint 36 394 milliards FCFA en juillet 2026, représentant 45,9 % du produit intérieur brut

La dette publique du Ghana a poursuivi sa progression en juillet 2026, atteignant 733,9 milliards de cédis (GH¢), soit environ 36 394,1 milliards FCFA, représentant 45,9 % du produit intérieur brut (PIB). Cette évolution marque un retournement après le léger repli enregistré en juin et ravive les interrogations sur la soutenabilité de l’endettement, alors que les autorités ghanéennes s’efforcent de préserver les acquis de la restructuration de la dette et de la consolidation budgétaire.

Selon les données publiées en septembre par la Banque du Ghana (BoG), le stock de la dette publique s’est accru de 14,4 milliards de GH¢ en un mois, passant de 719,5 milliards de GH¢, soit environ 35 680 milliards FCFA en juin, à 733,9 milliards de GH¢ en juillet. Cette augmentation représente près de 714,1 milliards FCFA en un mois. Comparativement aux 641,1 milliards de GH¢ enregistrés à fin décembre 2025, équivalant à 31 792,1 milliards FCFA, l’encours affiche une progression de 92,8 milliards de GH¢, soit environ 4 602 milliards FCFA en sept mois. Dans le même temps, le ratio d’endettement est passé de 44,7 % à 45,9 % du PIB.

Cette hausse intervient dans un contexte où le Ghana s’est fixé un objectif de dette publique de 45 % du PIB à l’horizon 2034. Cet ancrage budgétaire constitue une cible à moyen terme et non un plafond mensuel immédiatement contraignant. Le dépassement de ce seuil en juillet ne signifie donc pas, à lui seul, une rupture avec les engagements budgétaires du pays. L’enjeu réside davantage dans la capacité du gouvernement à maîtriser durablement la trajectoire de l’endettement, tout en maintenant les excédents primaires, en assurant le refinancement des échéances à venir et en orientant les ressources mobilisées vers des investissements productifs.

La dette intérieure demeure la principale composante de l’endettement public ghanéen. Elle s’est établie à 396,7 milliards de GH¢ en juillet, soit environ 19 672,4 milliards FCFA, contre 391,1 milliards de GH¢, équivalant à 19 394,6 milliards FCFA un mois auparavant. Cette progression mensuelle de 5,6 milliards de GH¢ représente environ 277,7 milliards FCFA. Depuis décembre 2025, sa progression atteint 62,9 milliards de GH¢, soit près de 3 119,2 milliards FCFA, portant son poids à 24,8 % du PIB et à environ 54 % de l’encours total de la dette publique.

La dette extérieure présente une évolution différente. Exprimée en dollars américains, elle a légèrement reculé, passant de 28,9 milliards de dollars en juin à 28,8 milliards de dollars en juillet. Toutefois, sa valeur en monnaie nationale a augmenté, de 328,4 milliards de GH¢, soit environ 16 285,4 milliards FCFA, à 337,2 milliards de GH¢, équivalant à 16 721,7 milliards FCFA. Cette évolution illustre l’incidence des fluctuations du taux de change sur le poids de la dette libellée en devises étrangères. Même lorsque son encours en dollars demeure stable ou diminue, sa contre-valeur en cédis peut progresser sous l’effet de la dépréciation de la monnaie nationale.

La hausse de l’endettement en juillet résulte ainsi de plusieurs facteurs, notamment l’augmentation des engagements intérieurs et la revalorisation en cédis de la dette extérieure. Sur les sept premiers mois de l’année, la dette intérieure a enregistré une progression plus importante en valeur absolue, renforçant les enjeux liés à la stratégie d’émission des titres publics, à la gestion des échéances et à la capacité du marché financier domestique à absorber les besoins de financement de l’État.

Sur le plan budgétaire, cette augmentation de la dette intervient néanmoins dans un contexte marqué par une amélioration des équilibres financiers de l’État. À fin juillet 2026, le Ghana affichait un excédent primaire de 1,4 % du PIB sur la base des engagements, tandis que le déficit budgétaire global ressortait à 0,2 % du PIB. Le financement intérieur net représentait, pour sa part, 1,1 % du PIB.

La performance de l’excédent primaire se rapproche de l’objectif annuel d’au moins 1,5 % du PIB inscrit dans les règles budgétaires du pays. Toutefois, les résultats enregistrés sur les sept premiers mois ne permettent pas encore de conclure au respect de cet engagement sur l’ensemble de l’exercice. L’évolution des recettes fiscales, la maîtrise des dépenses publiques, le contrôle des arriérés de paiement et les besoins de financement des prochains mois seront déterminants pour consolider cette trajectoire.

Par Amhed Coulibaly

Les conversions sont effectuées sur la base de 1 cedi ghanéen = 49,59 FCFA.

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