Selon la note sur la situation de la microfinance sénégalaise au deuxième trimestre 2026, le secteur continue de gagner en volume et en couverture, porté par l’augmentation des crédits, des ressources collectées et du nombre de comptes. Mais cette expansion s’accompagne de plusieurs indicateurs à surveiller, notamment la qualité du portefeuille et la liquidité des institutions.
Les institutions de microfinance ont porté leur encours de crédit à 887,4 milliards de francs CFA au deuxième trimestre 2026, en progression de 1,0 % sur trois mois. Sur un an, la hausse atteint 9,8 %, soit 79,4 milliards de francs CFA supplémentaires.
Cette progression est principalement alimentée par les financements accordés aux hommes (+1,7 %) et aux femmes (+3,5 %). Les crédits destinés aux personnes morales ont, en revanche, diminué de 3,1 %.
La majeure partie de cet encours reste constituée de crédits sains, qui atteignent 819 milliards de francs CFA, en hausse de 0,4 % sur le trimestre. Les financements à moyen terme progressent de 1,5 % et ceux à long terme de 0,5 %, tandis que les crédits à court terme reculent de 1,0 %.
Le poids des IMF dans le financement de l’économie ressort ainsi à 5,1 %. Leur encours représente 12,1 % des crédits accordés à l’économie, soit 0,1 point de plus qu’au trimestre précédent.
Les dépôts progressent, les emprunts aussi
L’encours des dépôts s’est établi à 641,8 milliards de francs CFA au deuxième trimestre, en hausse de 0,2 % sur le trimestre. Sur un an, il progresse de 5,7 %, soit 34,8 milliards de francs CFA supplémentaires.
Les dépôts à vue ont augmenté de 1,3 % et les autres dépôts de 2,0 %. Les dépôts à terme ont, en revanche, diminué de 2,1 %.
La collecte reste toutefois contrastée selon les catégories de clients. Les dépôts des hommes ont progressé de 3,9 % pour atteindre 344,6 milliards de francs CFA, tandis que ceux des femmes ont reculé de 8,3 %, à 153,9 milliards de francs CFA. Les personnes morales ont, pour leur part, porté leurs dépôts à 143,1 milliards de francs CFA, en hausse de 1,4 %.
Les IMF ont également davantage recours aux emprunts. Ceux-ci atteignent 204,5 milliards de francs CFA, contre 202,8 milliards au trimestre précédent. Sur un an, les financements reçus progressent de 16,4 %, soit 28,8 milliards de francs CFA supplémentaires.
Près de 4,84 millions de comptes
La progression du crédit et des dépôts s’appuie sur une clientèle qui continue de s’élargir. Le secteur comptait 4 839 301 comptes ouverts au deuxième trimestre, soit 1,3 % de plus qu’au trimestre précédent.
Cette hausse concerne les différentes catégories de clients. Les adhésions ont augmenté de 1,4 % chez les femmes, de 1,1 % chez les hommes et de 1,8 % chez les personnes morales. Sur un an, 204 614 nouvelles ouvertures de comptes ont été enregistrées.
La pénétration de la microfinance dans la population totale atteint ainsi 26,5 %, contre 26,2 % trois mois plus tôt. Pour la population adulte, le taux d’accès, corrigé des doublons et des comptes inactifs, s’est établi à 20,5 %, en hausse de 0,1 point.
Qualité du portefeuille sous surveillance
L’augmentation des financements s’accompagne néanmoins d’une progression des créances en souffrance. Leur encours atteint 68,3 milliards de francs CFA, en hausse de 9,5 % sur le trimestre.
Le mouvement est particulièrement marqué chez les personnes morales, dont les créances en souffrance sont passées de 12,614 milliards à 18,431 milliards de francs CFA, soit une hausse de 46,1 %. Chez les hommes, elles progressent de 0,9 %, à 39,535 milliards de francs CFA.
Le taux global de créances en souffrance s’est ainsi établi à 7,7 %, après une dégradation de 0,6 point sur le trimestre. Il reste largement supérieur à la norme réglementaire de 3 %. En variation annuelle, l’encours des crédits en souffrance affiche toutefois une baisse de 3,0 %.
Une liquidité en dessous de la norme
À la qualité du portefeuille s’ajoute une autre source de tension : la liquidité. Le coefficient moyen des IMF est ressorti à 73 % au deuxième trimestre, contre un minimum réglementaire de 80 %.
Le ratio perd cinq points sur le trimestre et douze points sur un an. Le recul touche les trois catégories d’institutions. Les mutualistes non affiliées passent de 146 % à 120 %, les sociétés anonymes de 112 % à 108 % et les mutualistes affiliées de 70 % à 67 %.
Ces dernières restent ainsi sous le seuil réglementaire. Dans le même temps, les fonds propres des IMF ont reculé de 5,8 % sur le trimestre, à 242,9 milliards de francs CFA. Sur un an, ils affichent néanmoins une progression de 10,1 %, soit 22,4 milliards de francs CFA supplémentaires.
Par Bernadette W. Gansonré


