L’Éthiopie met en service sa raffinerie nationale de métaux précieux d’une capacité de plus de 600 tonnes par an

L’Éthiopie a lancé sa raffinerie nationale de métaux précieux dans la zone économique spéciale de Bole Lemi, renforçant ainsi ses capacités de transformation locale des ressources minières. A travers cette nouvelle infrastructure, le pays entend conserver une plus grande part de la valeur générée par ses ressources naturelles et développer des activités industrielles à plus forte valeur ajoutée.

Selon le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed Ali, qui a annoncé la mise en service de l’installation sur le réseau social X, la raffinerie a été développée dans le cadre d’un partenariat entre Ethiopian Investment Holdings (EIH) et Sam Precious Metals. Elle dispose d’une capacité de traitement de plus de 600 tonnes de métaux précieux par an. Les autorités n’ont toutefois pas précisé le débit effectif attendu ni la répartition de cette capacité entre les différents métaux concernés.

Cette infrastructure s’inscrit dans la stratégie du gouvernement visant à mieux relier l’exploitation des ressources naturelles à la transformation industrielle. L’objectif est notamment d’accroître les revenus d’exportation, de créer des emplois qualifiés, de soutenir l’industrie de la joaillerie et d’améliorer la transparence de la chaîne d’approvisionnement en or.

« Cette initiative reflète l’engagement du gouvernement Medemer à relier nos ressources productives à la capacité industrielle, à augmenter les revenus d’exportation, à créer des emplois qualifiés, à soutenir l’industrie de la joaillerie et à construire une chaîne de valeur aurifère plus transparente et compétitive », a déclaré Abiy Ahmed Ali. « De l’extraction des ressources à la transformation industrielle, nous créons une valeur accrue chez nous », a-t-il ajouté.

Le lancement de cette raffinerie traduit la volonté de l’Éthiopie de dépasser un modèle économique reposant principalement sur l’exportation de matières premières. En développant ses capacités nationales de raffinage, le pays ambitionne de capter une part plus importante de la valeur générée par ses ressources minérales, tout en favorisant l’émergence d’activités industrielles complémentaires.

La transformation locale des métaux précieux pourrait notamment favoriser le développement de la fabrication de bijoux et créer une demande accrue de compétences techniques spécialisées. Elle pourrait également contribuer à diversifier les exportations et à renforcer les recettes en devises étrangères, dans un contexte où les pays producteurs cherchent à accroître les retombées économiques de l’exploitation de leurs ressources naturelles.

Implantée dans la zone économique spéciale de Bole Lemi, la raffinerie pourrait aussi favoriser l’émergence d’un écosystème industriel autour du traitement des métaux précieux, en rapprochant les producteurs miniers, les exportateurs et les entreprises de transformation. L’ambition des autorités est de positionner progressivement l’Éthiopie comme un centre régional de raffinage.

Toutefois, les retombées économiques de cette infrastructure dépendront de plusieurs facteurs, notamment la disponibilité d’approvisionnements réguliers en métaux précieux, le taux d’utilisation des capacités installées, la compétitivité des services de raffinage et la capacité de l’installation à attirer des clients sur les marchés régionaux et internationaux.

Par Drissa Ouattara

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