Ghana : Quatre ans après la crise de la dette, toutes les banques sortent de la zone de non-conformité en matière de fonds propres

Les 23 banques opérant au Ghana respectent désormais les exigences réglementaires en matière de fonds propres, après les difficultés provoquées par le Programme d’échange de la dette intérieure. L’annonce a été faite le jeudi 8 octobre 2026 par le gouverneur de la Banque du Ghana, Johnson Pandit Asiama, qui appelle désormais les établissements à consolider leurs bilans et à mieux maîtriser les risques.

En 2022, treize banques ne satisfaisaient pas aux exigences réglementaires en matière de fonds propres, sous l’effet de la crise économique et de la dépréciation des actifs financiers. Quatre ans plus tard, le secteur a rétabli sa conformité grâce aux efforts conjoints des banques, des actionnaires, des investisseurs, du gouvernement et de la Banque du Ghana.

Cette amélioration se reflète également dans les indicateurs du secteur. À fin août 2026, les actifs bancaires atteignaient 500,20 milliards de cédis ghanéens, contre 415,20 milliards un an plus tôt, soit une progression de 20,47 %. Le ratio d’adéquation des fonds propres est passé de 18,28 % à 19,10 %, dépassant largement le seuil réglementaire de 13 %.

La qualité des actifs s’est également améliorée. Le taux de créances douteuses est retombé à 15,66 % en août 2026, contre 20,77 % à la même période en 2025. Ce niveau reste toutefois supérieur au plafond prudentiel de 10 %, que les banques doivent atteindre d’ici à fin décembre 2026.

Malgré cette amélioration, le gouverneur insiste sur la nécessité de poursuivre les efforts engagés. Il estime que les établissements doivent désormais disposer de réserves adaptées à leurs profils de risque et renforcer leur capacité à absorber de nouveaux chocs économiques et financiers.

Parmi les priorités immédiates figure la maîtrise du risque de crédit. Les banques sont appelées à renforcer leurs conditions d’octroi de prêts, le suivi des financements, la gestion des garanties et le recouvrement des créances. Une directive sur la gestion du risque de crédit doit, par ailleurs, compléter les mesures déjà prises par la Banque centrale en matière de prêts non performants.

Sur le volet de la liquidité, l’institution prépare la publication d’une directive sur le ratio de liquidité à court terme. Ce dispositif doit encadrer les exigences prudentielles applicables aux banques et les inciter à diversifier leurs sources de financement, à mettre en place des mécanismes de financement d’urgence et à améliorer la gestion de leurs actifs et passifs.

Les autorités renforcent parallèlement les tests de résistance destinés à évaluer la capacité du système bancaire à faire face à des scénarios économiques et financiers défavorables. Les résultats de ces exercices doivent aider les établissements à mieux anticiper leurs besoins en fonds propres et en liquidités, tout en adaptant leurs décisions à leur exposition aux risques.

La Banque du Ghana prépare également une directive sur l’utilisation de l’intelligence artificielle dans le secteur financier, afin d’encadrer son adoption tout en permettant aux banques d’exploiter son potentiel dans l’évaluation du crédit, la détection des fraudes et la gestion des risques.

Par Bernadette W. Gansonré

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