Les réserves de change du Nigeria ont atteint 58,81 milliards de dollars au 12 octobre 2026, leur niveau le plus élevé depuis le 19 novembre 2008, date à laquelle elles s’établissaient à environ 58,91 milliards de dollars. Cette progression renforce la position extérieure du pays, dans un contexte marqué par les efforts des autorités monétaires pour stabiliser le marché des changes et consolider la confiance des investisseurs.
Selon les données de la Banque centrale du Nigeria (CBN), les réserves sont passées de 55,08 milliards de dollars le 9 octobre à 58,81 milliards de dollars le 12 octobre, soit une hausse de 3,73 milliards de dollars en trois jours. Cette progression porte à 4,91 milliards de dollars l’augmentation enregistrée depuis le début du mois de septembre, correspondant à une hausse d’environ 9,1 %.
La tendance haussière était déjà perceptible en septembre. Les réserves de change du pays sont passées de 53,90 milliards de dollars le 1er septembre à 54,93 milliards de dollars au 30 septembre, soit un gain de 1,03 milliard de dollars sur le mois. Elles ont ensuite atteint 54,95 milliards de dollars le 2 octobre, avant de progresser à 55,08 milliards de dollars le 9 octobre.
La hausse enregistrée entre le 9 et le 12 octobre constitue toutefois une accélération notable. Les données disponibles ne permettent pas, à ce stade, d’identifier précisément les facteurs à l’origine de cette progression particulièrement importante sur une période aussi courte.
Cette évolution s’inscrit dans une dynamique de renforcement des réserves extérieures observée depuis plusieurs mois. Selon des données publiées en septembre, les réserves de change du Nigeria avaient augmenté de 12,76 milliards de dollars sur un an, pour atteindre 54,61 milliards de dollars au 14 septembre 2026. Cette évolution témoignait déjà d’une amélioration de la position extérieure du pays.
Les réserves nettes de change ont également enregistré une progression, atteignant un niveau record de 46 milliards de dollars, selon des informations rapportées par le média nigérian Nairametrics le 9 octobre. Les réserves brutes et nettes correspondent toutefois à des indicateurs distincts : les premières représentent l’ensemble des avoirs officiels en devises, tandis que les secondes tiennent compte de certains engagements et passifs liés aux réserves. Les deux données ne sont donc pas directement interchangeables.
Le gouverneur de la CBN, Olayemi Cardoso, a par ailleurs souligné l’importance de la stabilité du marché des changes pour renforcer la confiance des investisseurs. Un niveau élevé de réserves peut contribuer à soutenir la capacité du pays à faire face à ses engagements extérieurs et à atténuer les tensions sur sa monnaie, même si son effet dépend également de l’évolution des importations, des recettes d’exportation et des flux de capitaux.
Cette progression intervient également dans un contexte d’assouplissement de la politique monétaire. Lors de sa réunion de septembre 2026, le Comité de politique monétaire de la CBN a abaissé son taux directeur de 350 points de base, le faisant passer de 26,5 % à 23 %. Le comité a également ajusté le corridor asymétrique autour de ce taux à +50/-300 points de base.
Sur le front économique, les perspectives du Nigeria se sont également améliorées. Dans ses prévisions publiées en octobre, la Banque mondiale a relevé à 4,3 % son estimation de croissance économique du pays pour 2026, contre une croissance de 4,0 % en 2025. Elle anticipe par ailleurs une progression du produit intérieur brut de 4,4 % en 2027 et en 2028.
Par Amhed Coulibaly


