La Banque africaine d’import-export (Afreximbank) envisage de mobiliser un financement syndiqué d’un milliard de dollars, sur une maturité de trois ans. Cette opération pourrait intégrer une tranche libellée en yuans offshore, marquant ainsi une première incursion de l’institution panafricaine sur le marché international du renminbi. Cette initiative intervient dans un contexte de renforcement des relations commerciales et financières entre la Chine et les économies africaines, ainsi que de diversification des sources de financement des institutions du continent.
Selon des informations rapportées vendredi par Bloomberg, citant des sources proches du dossier, le financement envisagé serait structuré autour de deux composantes : une tranche en dollars américains et une autre en yuans offshore. La répartition définitive entre les deux devises n’est pas encore arrêtée. Elle dépendra notamment de l’intérêt manifesté par les investisseurs et les établissements prêteurs au cours du processus de syndication.
La Banque de Chine (Bank of China) et Standard Chartered Bank interviennent comme coordinateurs mondiaux de cette opération. Leur mission consiste notamment à organiser la mobilisation des établissements financiers susceptibles de participer à ce financement.
Si la composante en renminbi est effectivement retenue, cette opération constituerait une première pour Afreximbank sur le marché offshore du yuan. Elle permettrait à l’institution d’élargir ses instruments de financement et d’accéder à une nouvelle source de liquidités, en complément de ses emprunts traditionnels en devises internationales.
Cette ouverture présente également un intérêt stratégique au regard des échanges commerciaux entre l’Afrique et la Chine. Pékin demeure l’un des principaux partenaires commerciaux du continent, avec des flux importants d’importations, d’exportations et d’investissements. Le recours au yuan pourrait ainsi faciliter le financement de certaines opérations commerciales et financières entre les deux espaces économiques.
Pour les institutions financières africaines, la diversification des monnaies d’emprunt constitue également un moyen de réduire leur dépendance aux financements exclusivement libellés en dollars. Elle peut permettre une meilleure adéquation entre les devises mobilisées et celles utilisées dans les transactions commerciales, même si les avantages réels dépendront des conditions de financement, du coût de la dette et de l’utilisation des ressources obtenues.
Cette opération intervient par ailleurs dans un environnement financier international marqué par des contraintes de financement pour plusieurs économies africaines. L’augmentation du coût du service de la dette, les conditions d’accès plus exigeantes aux marchés internationaux et les pressions sur les réserves de change incitent les institutions du continent à rechercher de nouvelles sources de capitaux.
Dans ce contexte, le recours potentiel au marché offshore du renminbi pourrait contribuer à élargir la base de financement d’Afreximbank et à renforcer les relations financières entre l’Afrique et la Chine. Toutefois, le montant définitif de chaque tranche, les conditions tarifaires et la répartition des devises restent tributaires des résultats de la syndication.
Par Amhed Coulibaly


