Burkina / Création de Yennenga Holding : les précisions du ministre des Finances Aboubakar Nacanabo sur les enjeux, le fonctionnement et les retombées

À la suite de l’adoption en Conseil des ministres du décret portant création de Yennenga Holding Burkina Faso (YH-BF), le ministre de l’Économie et des Finances, Aboubakar Nacanabo, est revenu en détail sur les contours opérationnels et stratégiques de cette initiative. Au-delà de l’annonce institutionnelle, l’entretien accordé par le ministre à la presse visait à clarifier la logique économique, le périmètre d’intervention et les effets attendus de cette nouvelle structure publique.

D’emblée, le ministre a situé Yennenga Holding dans la catégorie des holdings d’animation, à savoir une entité qui ne se limite pas à la détention de participations, mais qui intervient activement dans l’orientation stratégique de ses filiales.

Selon Aboubakar Nacanabo, l’État détient aujourd’hui des parts dans plusieurs banques. Parmi celles-ci, l’État est actionnaire majoritaire dans trois institutions, dont une détenue à 100 %. « Il y a également une société de réassurance où l’État a 51 % des parts », a ajouté Dr Nacanabo. Toutefois, dit-il, ces entités évoluent « sans aucun lien, sans aucun état de synergie ».

Face à ces inefficiences du portefeuille public, le ministre Nacanabo explique que la holding aura pour fonction d’instaurer un « centre de commandement » capable d’harmoniser les orientations stratégiques et de mutualiser les leviers de performance. « Ça veut dire qu’on a une instance qui décide de l’allocation des différentes ressources, notamment financières, techniques et des moyens qu’il faut pour un fonctionnement optimal de ces structures », a-t-il détaillé.

Un instrument d’optimisation des coûts et d’allocation du capital

Le ministre met particulièrement l’accent sur la rationalisation des ressources comme levier central de la réforme. Il cite notamment les systèmes d’information bancaires, dont les coûts sont élevés. « Si chaque entité doit développer son système d’information à part, il n’est pas évident qu’on puisse optimiser », a-t-il reconnu, soulignant qu’en mutualisant ces investissements à l’échelle de la holding, l’État entend générer des économies d’échelle substantielles et améliorer l’efficience globale du dispositif.

Le ministre a par ailleurs clarifié le rôle exact de la holding dans l’écosystème financier : Yennenga Holding n’exercera pas d’activités de crédit. « Ce sont les filiales, qui sont des entités opérationnelles, qui vont faire du crédit », a-t-il expliqué, relevant que la holding interviendra exclusivement au niveau stratégique, en assurant la gestion des participations et la centralisation des dividendes. Quant aux dividendes, ils seront redistribués aux entités publiques actionnaires, en fonction de leurs apports respectifs.

Sur le plan institutionnel, le ministre a fait savoir que la structure adoptera un modèle classique de société anonyme, conforme à l’Acte uniforme de l’OHADA, tout en intégrant les exigences propres aux sociétés d’État. Il a ensuite laissé entendre que la gouvernance reposera sur une Assemblée générale, un Conseil d’administration et une Direction générale structurée.

Un levier indirect de financement de l’économie

Concernant les retombées macroéconomiques, Dr Nacanabo a insisté sur le rôle indirect que jouera la holding dans le financement du développement. « La holding, ayant pour objectif d’optimiser la gestion des filiales, naturellement, elle devrait pouvoir améliorer leur rentabilité, leur gouvernance et faire en sorte que ces structures puissent travailler de façon complémentaire et développer des états de synergie, afin d’avoir une entité qui puisse répondre aux besoins actuels de l’État », a-t-il noté, rappelant que cela intervient dans un contexte où le Burkina est engagé dans plusieurs projets structurants. « La holding pourra servir de levier pour financer les projets structurants de l’État et l’économie de façon générale », a-t-il déclaré.

Enfin, Aboubakar Nacanabo a annoncé que Yennenga Holding sera très bientôt opérationnelle afin, dit-il, d’accompagner efficacement les banques, de les rendre beaucoup plus rentables et plus efficaces dans l’économie. « C’est une décision très stratégique qui va accompagner toute la dynamique de développement en cours, notamment le développement des industries et des infrastructures », a conclu le ministre.

Par David Yaméogo

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