Ghana : Le grand groupe minier Engineers & Planners prend les commandes des projets aurifères Black Volta et Sankofa

Deux projets miniers majeurs longtemps endormis, Black Volta et Sankofa, situés dans la région du Haut Ghana occidental, s’apprêtent à renaître grâce à leur acquisition par l’entreprise ghanéenne Engineers & Planners (E&P). Avec cette opération, l’un des plus grands groupes miniers indigènes d’Afrique de l’Ouest prend le contrôle intégral d’Azumah Resources Ghana Ltd et d’Upwest Resources Ghana Ltd, réécrivant ainsi les règles du jeu dans un secteur dominé depuis des décennies par les multinationales.

Malgré un potentiel géologique reconnu, les projets Black Volta et Sankofa ont longtemps peiné à décoller. Faute de financements adéquats, plombés par des litiges juridiques à répétition et une gouvernance fragmentée, ils sont restés à l’état de promesses non tenues. Cette situation a alimenté les frustrations dans les communautés riveraines et privé l’État ghanéen de précieuses recettes fiscales dans un contexte de contraintes budgétaires.

L’entrée en scène d’Engineers & Planners, entreprise fondée en 1997 et bien implantée dans les secteurs des travaux miniers lourds et du génie civil, marque une rupture. Forte d’une expertise technique éprouvée et d’une vision stratégique affirmée, E&P entend remettre ces projets sur pied avec des engagements clairs en matière de financement, de gouvernance et de mise en production.

Pour concrétiser cette relance, la direction d’E&P a défini un plan d’action en trois volets. Premièrement, l’entreprise collaborera avec l’administration fiscale pour auditer et clarifier les passifs hérités, dans un souci de transparence et de conformité réglementaire. Deuxièmement, les dettes jugées légitimes seront honorées, avec pour objectif de rétablir la confiance des créanciers et d’assainir la situation financière des projets. Enfin, E&P prévoit de mobiliser des capitaux structurés pour financer les travaux de développement et la mise en production des sites.

Ce redémarrage intervient dans un contexte particulièrement favorable, alors que le prix de l’or atteint des niveaux historiquement élevés, à 3 000 dollars l’once, et que le gouvernement ghanéen cherche à diversifier ses sources de revenus dans le cadre d’un programme avec le FMI. L’alignement des facteurs économiques et politiques confère à ces projets un potentiel stratégique non négligeable.

Au-delà de ces aspects, ce rachat revêt une dimension symbolique forte : celle d’une reprise de contrôle par des acteurs locaux sur les ressources naturelles du pays. Pendant des années, ces concessions sont restées bloquées entre les mains d’entités offshore, peu disposées à engager les investissements nécessaires. Aujourd’hui, un opérateur national, doté d’un historique crédible dans les grands chantiers régionaux, prend les commandes, affichant l’ambition de faire de ces projets des modèles de valorisation responsable et inclusive.

Dans les zones concernées, notamment à Wa et dans les districts voisins, l’annonce suscite un espoir mêlé de prudence. Après des années de désillusions, les populations locales attendent des signes concrets tels que des emplois pérennes, des infrastructures de base et des retombées économiques tangibles.

Les organisations de la société civile, quant à elles, ont d’ores et déjà appelé à la transparence dans la gestion des revenus, à la mise en place de mécanismes de partage équitable des bénéfices et à des garanties environnementales strictes. Pour l’État ghanéen, cette transaction représente un coup de pouce bienvenu. L’apport de nouveaux investissements dans le secteur minier renforce son discours sur la reprise économique et la création d’emplois.

Le succès d’E&P pourrait ouvrir la voie à une nouvelle ère, marquée par une plus grande appropriation des ressources naturelles, une redistribution plus équitable des richesses et une meilleure intégration des communautés locales. En revanche, un revers alimenterait les critiques sur les limites des acteurs domestiques à concurrencer les géants du secteur.

Par Bernadette W. Gansonré

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