La Guinée-Bissau amorce une transformation majeure de sa filière cajou avec la création de la Société de Cajou de Guinée-Bissau, destinée à valoriser localement une production jusqu’ici largement exportée sous forme brute. La première Assemblée générale constitutive et la réunion inaugurale du conseil d’administration, tenues le 10 mars 2026 à Bissau, marquent le lancement officiel de cette entreprise stratégique pour le développement industriel du pays.
Le projet bénéficie d’un financement de la Banque Ouest Africaine de Développement à hauteur de 9,15 milliards de francs CFA. La Banque prend également une participation au capital social de la SOCA GB SA, traduisant ainsi son engagement direct dans la transformation structurelle de la filière cajou et dans la capture de davantage de valeur ajoutée sur le territoire national.
Avec plus de 250 000 tonnes de noix de cajou brutes exportées en 2025, la Guinée-Bissau dispose d’un potentiel important. La création de la SOCA GB SA constitue un levier essentiel pour redynamiser la filière, renforcer la transformation locale et améliorer les revenus des producteurs. Cette initiative positionne également le pays comme un acteur industriel émergent dans le secteur du cajou, capable de tirer parti de ses ressources agricoles de manière plus durable et profitable.
Les ambitions de la société sont clairement définies pour l’horizon 2030. Elle prévoit de faire passer le taux de transformation locale de 10 % actuellement à 50 %. Elle entend également accroître les revenus des acteurs de la filière et créer des emplois durables, en particulier pour les jeunes et les femmes. Parallèlement, la société vise à renforcer les recettes fiscales afin de stabiliser l’économie rurale. Ces objectifs traduisent la volonté de l’État de garantir que la richesse générée par la filière profite directement au pays et à ses populations.
Ce projet illustre la détermination du gouvernement à transformer la production agricole en une activité industrielle génératrice de valeur ajoutée, tout en contribuant à la structuration des filières stratégiques et au développement économique des zones rurales. La BOAD entend, pour sa part, promouvoir des initiatives capables de produire des effets tangibles sur l’économie rurale et sur les finances publiques, tout en accompagnant l’État et les acteurs privés dans la modernisation de leurs chaînes de valeur.
Par Leila Toé


